Pernod Ricard lorgne la tequila Jose Cuervo

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Pernod Ricard se déclare "ouvert" pour discuter du rachat de la célèbre marque de tequila Jose Cuervo, remettant le groupe français de vins et spiritueux en lice pour des acquisitions presque un an après avoir bouclé le rachat de la vodka Absolut.
Pernod Ricard se déclare "ouvert" pour discuter du rachat de la célèbre marque de tequila Jose Cuervo, remettant le groupe français de vins et spiritueux en lice pour des acquisitions presque un an après avoir bouclé le rachat de la vodka Absolut. — Bertrand Guay afp.com

Pernod Ricard se déclare «ouvert» pour discuter du rachat de la célèbre marque de tequila Jose Cuervo, remettant le groupe français de vins et spiritueux en lice pour des acquisitions presque un an après avoir bouclé le rachat de la vodka Absolut. «Nous sommes ouverts à des discussions» sur la marque de tequila Jose Cuervo, a expliqué jeudi son vice président Pierre Pringuet, à l'occasion de la présentation des résultats semestriels du groupe.

Il y a une occasion à saisir puisque le numéro un du secteur Diageo a renoncé en décembre à l'acquisition de cette marque, faute d'accord avec les propriétaires actuels, la famille Beckmann. La marque est évaluée par les marchés à près de 3 milliards de dollars (près de 2,25 milliards d'euros). Le groupe français Pernod Ricard, qui avait créé en 2011 une coentreprise avec la société Tequila Avion, se défend toutefois de vouloir faire toutes acquisitions «transformantes» et de ne regarder que «des opérations tactiques, ciblées».

De plus, Pierre Pringuet explique vouloir conserver leur catégorie «investissement». L'agence d'évaluation financière Fitch Ratings avait classé en octobre le groupe en catégorie «investissement», saluant le succès de son programme de désendettement. A fin décembre, le groupe présentait une dette nette de 9,1 milliards d'euros.

Le groupe a par ailleurs confirmé jeudi ses prévisions après avoir dégagé au premier semestre 2012/2013 un bénéfice net en hausse de 5% à 858 millions d'euros. Il maintient donc son objectif d'une croissance interne «proche de 6%» de son résultat opérationnel courant. C'est moins que les 9% réalisés en 2011/2012 mais l'environnement est «moins porteur», souligne le groupe. Sur le premier semestre (de juillet à décembre), les ventes ont progressé de 6% à 4,9 milliards d'euros et le résultat opérationnel courant a crû de 6% à 1,4 milliard d'euros, correspondant à une croissance interne de 1%. Les investisseurs accueillaient plutôt bien ces chiffres puisque vers 15H20 (14H20 GMT), l'action prenait 2,60% à 96,50 euros, dans un marché en repli de 0,65%.

«Les moteurs de croissance sont les mêmes: nos marques stratégiques en particulier Jameson (whiskey) et Martell (cognac) et les marchés émergents qui continuent à être dynamiques» comme en Chine et en Inde, a expliqué à l'AFP Gilles Bogaert, directeur général adjoint en charge des finances. «Ces bonnes performances ont permis d'absorber un contexte de marché plus difficile, notamment en Espagne et en France», a-t-il estimé. En effet, les ventes en Asie ont affiché une croissance de 18%, à plus de 2 milliards. Aux Etats-Unis aussi, la croissance est resté «solide» avec une région Amérique qui a progressé de 10%, à 1,2 milliard. En revanche, les ventes en France ont plongé de 37% au 2e trimestre après un premier trimestre en repli déjà de 8%. Au total sur le semestre, elles reculent de 28%, à 374 millions, en raison d'un effet de comparaison défavorable après un sur-stockage l'an passé à la même période, explique le groupe. Au second semestre, les choses devraient un peu s'améliorer en France car les «effets techniques et conjoncturels sont derrière nous», selon M. Bogaert.

L'Europe (hors France) en crise est restée somnolente avec un chiffre d'affaires en hausse de 1% seulement à 1,2 milliard. Pernod Ricard avait dégagé en 2011-2012 un bénéfice net en hausse de 10% à 1,2 milliard d'euros et un chiffre d'affaires en progression de 8% à 8,2 milliards.