Retraites complémentaires: La contribution des retraités en discussion

SOCIAL Les négociations sur les régimes de retraite complémentaire du secteur privé se poursuivent...

avec AFP

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Les retraités vont-ils mettre la main à la poche et à quelle hauteur? C'est l'enjeu des négociations sur les régimes de retraite complémentaire du secteur privé qui se poursuivent jeudi pour trouver une solution à leur situation financière délicate.
Les retraités vont-ils mettre la main à la poche et à quelle hauteur? C'est l'enjeu des négociations sur les régimes de retraite complémentaire du secteur privé qui se poursuivent jeudi pour trouver une solution à leur situation financière délicate. — Joel Saget afp.com

Les retraités vont-ils mettre la main à la poche et à quelle hauteur? C'est l'enjeu des négociations sur les régimes de retraite complémentaire du secteur privé qui se poursuivent jeudi pour trouver une solution à leur situation financière délicate. L'Agirc (retraites complémentaires des cadres du secteur privé) et l'Arrco (tous les salariés du privé) sont gérés par les partenaires sociaux, qui ont prévu de boucler leurs négociations le 7 mars. Syndicats et patronat doivent parvenir à un accord d'ici là pour que les premières mesures puissent intervenir le 1er avril, date habituelle de revalorisation des pensions.

Le temps presse car le déficit de ces régimes, un temps excédentaires, se creuse et atteint désormais 4,5 milliards d'euros. A ce rythme, les réserves financières seraient épuisées dès 2017 pour l’Agirc et 2020 pour l’Arrco. Pour faire des économies, le Medef suggère de mettre à contribution les 11 millions de retraités concernés.

Leurs pensions seraient revalorisées, comme chaque année, mais moins que l'inflation, ce qui entraînerait inévitablement une perte de pouvoir d'achat. Concrètement, dès le 1er avril, les retraites complémentaires seraient «sous-indexées» d'un point, donc revalorisées en fonction de la hausse des prix, moins un point. L'inflation est prévue à 1,8% pour 2013. Le processus se poursuivrait ainsi automatiquement jusqu'en 2015, date à laquelle les partenaires sociaux seraient amenés à rediscuter.

Pas de baisse des pensions

Le Medef a toutefois promis qu'il n'y aurait pas de baisse des pensions, c'est-à-dire que les revalorisations ne pourraient pas être inférieures à 0, par exemple en cas d'inflation en dessous de 1%. Les syndicats quant à eux réclament à l'unanimité un geste du patronat, pressé d'augmenter les cotisations, ce qui permettrait d'apporter des ressources supplémentaires. Le Medef a paru faire un pas en ce sens lors d'une précédente réunion, alors qu'il refusait jusqu'à présent toute participation supplémentaire des entreprises.

Son représentant, Jean-François Pilliard, a évoqué une possible hausse du «taux d'appel», de 125% à 130% entre 2015 et 2020, à condition que les entreprises soient placées d'ici là dans un environnement «acceptable» en matière de charges. Ce taux intervient dans le calcul des cotisations patronales et salariales mais n'ouvre pas de droits supplémentaires à la retraite. Or, la plupart des syndicats, à l'image de FO, réclament une hausse du «taux contractuel», qui, lui, ouvre des droits. Pour l'heure, les positions restent tout de même éloignées et les discussions s'annoncent «difficiles», de l'avis d'un négociateur. Des réunions bilatérales sont prévues d'ici jeudi.

Quoi qu'il en soit, les échanges devraient être suivis de près par le gouvernement qui a laissé entendre qu'il pourrait s'en inspirer pour les retraites du régime général, dont la situation financière est aussi préoccupante. Une concertation est prévue au printemps avec les partenaires sociaux sur le sujet pour préparer la réforme. Plusieurs informations de presse font état d'une accélération du calendrier du gouvernement, qui pourrait prendre des mesures dès 2013 pour satisfaire les marchés. Officiellement «aucune piste n'est privilégiée», a affirmé dimanche la ministre des Affaire sociales Marisol Touraine tandis que dans l'opposition, la députée UMP Valérie Pécresse a plaidé pour un nouveau report de l'âge légal de départ, porté progressivement à 62 ans.