Visite en Inde: Comment Hollande s'y prend pour décrocher des contrats

ELYSEE Plus discret que Nicolas Sarkozy en termes d'objectifs, le président de la République a entamé un voyage économique de deux jours en Inde...

Matthieu Goar

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François Hollande, le 11 février 2013.
François Hollande, le 11 février 2013. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Président, spécialisation VRP de la République. Comme pour ses voyages en Pologne ou en Algérie, François Hollande s'est envolé mercredi avec une grande délégation de patrons français (une soixantaine cette fois-ci): direction l'Inde et son marché de 1, 3 milliard d'habitants, un géant avec lequel la France a un volume d'échanges assez faible (équivalent avec les échanges franco-turcs).

Après les visites de Jean-Marc Ayrault aux Philippines, à Singapour, au Cambodge et en Thaïlande et avant celle de Hollande en Chine, l'exécutif semble faire de l'Asie un enjeu du commerce extérieur. Deux conseillers du Medef ont ainsi préparé ce voyage pendant un mois avec les conseillers du président.

Les patrons paient le billet

Pourtant, l'Elysée semble plus discret sur les enjeux des contrats. «Hollande est sans doute plus disponible lors des voyages pour écouter les entrepreneurs. Sarkozy avait tout le temps un agenda surchargé, ce sont les ministres qui se renseignaient pour lui», confie un dirigeant d'entreprise qui a connu les deux époques.

Autre différence avec les voyages de l'ère Sarkozy: les chefs d'entreprise paient dorénavant leur billet d'avion. «Il n'est pas question d'installer le Président dans un rôle de super VRP. Il faut trouver un équilibre entre diplomatie et économie et laisser parler les faits», résume une source élyséenne. Succès revendiqué de la Hollandie: l'installation d'une entreprise Renault en Algérie.

Nucléaire et avions de chasse

Si le nucléaire civil fera partie des négociations avec l'Inde (Areva ambitionne de décrocher la construction de deux réacteurs EPR), l'autre gros morceau au programme des discussions concerne la vente de 126 avions de chasse Rafale. Le groupe Dassault Aviation négocie depuis plus d'un an ce contrat d'une dizaine de milliards d'euros.