La France n'échappera pas aux mesures d'économies

Mathieu Bruckmüller

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Pierre Moscovici, mercredi.
Pierre Moscovici, mercredi. — WITT / SIPA

«Le déficit public sera réduit à 3 % du produit intérieur brut en 2013.» Le neuvième des soixante engagements du candidat Hollande a fait long feu. Jean-Marc Ayrault a en effet reconnu pour la première fois, mercredi soir sur France 3, que cet objectif ne serait pas atteint. Le Premier ministre a toutefois réaffirmé l'objectif d'atteindre un déficit à 0 % d'ici à la fin du quinquennat, en 2017. L'évolution du discours du gouvernement s'est faite doucement. Après le rapport de la Cour des comptes publié mardi, qui juge hors d'atteinte l'objectif d'un déficit à 3 % du PIB en 2013, le président de la République avait affirmé qu'«il ne sert à rien d'afficher des objectifs s'ils ne peuvent pas être atteints». A la sortie du Conseil des ministres, Pierre Moscovici, le patron de Bercy, avait ensuite estimé qu'un «réexamen de l'objectif était possible».

La croissance hexagonale semble incapable d'atteindre les 0, 8 % envisagés par le gouvernement, chiffre sur lequel a été construit le budget, mais devrait plutôt se situer à 0, 3 %, selon le Fonds monétaire international. Ainsi, la Commission européenne prévoit, elle, un déficit à 3, 5 % du PIB en France à la fin 2013.

Une révision à la baisse des prévisions de croissance n'interviendra pas avant la présentation, le mois prochain au Parlement, d'un plan de stabilité, soumis ensuite à Bruxelles.

Rééquilibrage nécessaire


Paris veut profiter de ce temps pour convaincre ses homologues européens de ne pas s'arc-bouter sur cet objectif de 3 % de déficit, afin d'éviter de tuer un peu plus une croissance atone. En effet, avec les derniers plans de rigueur Fillon et Ayrault, la cure d'austérité frôle les 40 milliards d'euros. Un effort qui porte aux trois quarts sur les hausses d'impôts et un quart sur le freinage des dépenses, déplore la Cour des comptes, qui plaide pour un rééquilibrage. Si elle n'appelle pas à un nouveau tour de vis, elle presse l'Etat de mener «des efforts accrus d'économies sur les dépenses de toutes les administrations publiques».