Les buralistes se font allumer par la Cour des comptes

BUDGET La Cour des comptes a dévoilé mardi son rapport annuel 2013...

Claire Planchard

— 

Un buraliste de Lille le 4 octobre 2010
Un buraliste de Lille le 4 octobre 2010 — P. HUGUEN / AFP

«Aides injustifiées», «effets d'aubaine massifs»: le rapport 2013 de la Cour des comptes tacle les dispositifs de soutien financier «universel» (contrats d'avenir, compléments de remise, etc.) mis en place depuis 2004 pour compenser la baisse des ventes après la hausse du prix des cigarettes.

Selon elle, la profession a perçu 2,6 milliards d'euros sur huit ans (300 millions par an en moyenne), alors même que les ventes TTC de tabac en valeur ont progressé de 21% entre 2002 et 2011. «Sauf dans des cas très minoritaires» en zone frontalière, la rémunération moyenne des buralistes aurait même crû de 53,9% (67,1% avec les aides), selon la Cour, pour qui une «remise en cause rapide et complète du dispositif est impérative».

Des chiffres aussitôt contestés par la Confédération des buralistes. «Je suis amer et surpris par cette charge contre la profession», expliquait mardi son président, Pascal Montredon. «La Cour confond l'évolution de notre chiffre d'affaires, qui permet de payer nos charges, les remises sur les produits de tabac qui rémunèrent le travail effectué pour compte de l'Etat et les aides réelles au titre du contrat d'avenir, qui ne dépesseront pas 120 millions d'euros en 2013», détaillait-il, avant de rappeler que, «sans ces aides, ce ne sont pas 6.000 mais 15.000 buralistes qui auraient disparu.»