Viande de cheval: Quels impacts sur la consommation de produits carnés?

SCANDALE La viande équine pourrait gagner en popularité...

M.B.

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Un rayon de viande fraîche dans un supermarché d'Hazebrouck, le 15 mars 2012.
Un rayon de viande fraîche dans un supermarché d'Hazebrouck, le 15 mars 2012. — AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

Le «chevalgate» va-t-il affecter la consommation de viande? Même si elle a augmenté de 13% entre 1970 et 2009, selon FranceAgriMer, pour dépasser la barre des 100 kilos par an et par personne en 1998, celle-ci se replie depuis une bonne dizaine d’années. Si la viande d’animaux de boucherie ne cesse de reculer (-1,9% en 2011), la viande de volaille (+1,7% en 2011) permet de limiter la casse. En quarante ans, elle est ainsi passée de 16 à 28% de la consommation totale.

Dans tous les cas, a priori, la découverte de viande de cheval dans des plats congelés censés contenir du bœuf risque de ne pas arranger les affaires des professionnels de la viande. Alors que le végétarisme fait des émules, «à court terme, elle risque d’accélérer la tendance à la baisse», estime Jean-Louis Lambert, socio-économiste spécialisé dans l’alimentation.

Les effets limités des crises sanitaires

Mais il n’anticipe pas de «krach». En effet, cette affaire qui frappe plusieurs pays européens n’a pas entraîné d’incidents sanitaires. «Il n’y a pas de panique collective», explique le spécialiste. Et même en cas de crise, comme lors de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) en 1996 et 2000, la fièvre aphteuse en 2001 ou encore la grippe aviaire en 2005, «les consommations de chaque type de viande retrouvent, la plupart du temps au bout d’un an environ, un niveau proche de celui de l’avant crise», pointe une étude l’Insee. La deuxième crise de l’ESB en 2000 s’était traduite par une chute de la consommation de 30% en un mois, avant un retour à la normale douze mois plus tard.

La viande équine pourrait même paradoxalement gagner en popularité. «L’occasion de redécouvrir une viande pas mauvaise et pas chère», explique Jean-Louis Lambert. Elle représente aujourd’hui moins de 1% de la consommation totale de viande. Elle est passée de 1,7 kilo en moyenne par personne en 1970 à 340 grammes en 2009. Une évolution qui s’explique par le développement des activités équestres qui confère au cheval de plus en plus le statut d’animal de compagnie au même titre que les chiens, les chats et de plus en plus les lapins, décrypte Jean-Louis Lambert.