L'A380, un avion nommé désir

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Chronologie des retards successifs de livraisons de l'avion géant d'Airbus

2005

- 4 mai : Le consortium européen Airbus, détenu à 80% par EADS et 20% par le britannique BAE Systems, informe Singapore Airlines d'un retard dans la livraison de son avion géant A380, dont le programme avait été lancé le 19 décembre 2000.

- 1er juin : Première annonce générale d'Airbus qui informe ses clients d'un retard de deux à six mois des livraisons d'A380 en raison des problèmes de production liés aux aménagements des cabines demandés par les compagnies.

- 15 juin : Après le salon du Bourget, le nombre de commandes d'A380 pour Airbus s'élève à 159, dont 149 fermes.

- 8 août : Le titre EADS enregistre un recul de 0,29% alors que le marché est en hausse de 0,55%. Les courtiers craignent une demande de dommages et intérêts de Singapore Airlines après un entretien de son patron Seng Chew à l'hebdomadaire allemand Focus, qui semblait envisager cette possibilité.

- 11 septembre : Malaysian Airlines envisage de demander des indemnités en raison de retards de livraisons d'A380 qui lui parviendront en juillet 2007 et non en janvier.

- 14 septembre : Gustav Humbert, président d'Airbus depuis juillet 2005, reconnaît que la compagnie versera des pénalités en raison des retards de livraisons d'A380 mais celles-ci "resteront bien inférieures" à 100 millions d'euros en 2006 et 2007, selon lui, et n'affecteront pas les résultats.

- 6 octobre : EADS et BAE Systems autorisent Airbus à lancer la commercialisation de son programme A350. Son coût est estimé à 4,35 milliards d'euros, celui de l'A380 est estimé à plus de 10 milliards d'euros.

2006

- mars : Noël Forgeard, ses enfants et plusieurs dirigeants français et allemand du groupe vendent des actions pour plusieurs millions d'euros après avoir levé des stock-options.

- 4 avril : Les deux actionnaires de référence d'EADS, Arnaud Lagardère et le constructeur automobile DaimlerChrysler, réduisent chacun de 7,5% leur participation au capital d'EADS.

- 13 juin : Pour la seconde fois, Airbus retarde son calendrier et informe ses clients d'un nouveau "recalage de 6 à 7 mois" sur les livraisons d'A380 prévues entre 2007 et 2009, limitant ainsi à "neuf le nombre d'appareils de ce type livrés en 2007" et non 20 à 25 comme l'avait déclaré en avril M. Forgeard.
Ces retards coûteront chers à EADS: 500 millions de bénéfice d'exploitation en moins par an entre 2007 et 2010.
EADS prévoit un impact "inférieur à 300 millions d'euros" sur le flux de trésorerie en 2006 qui s'élèvera à plus d'un milliard d'euros en 2008 "avant de décroître fortement par la suite".

- 14 juin : Le titre EADS perd 26% après l'annonce de la veille. Forgeard présente ses excuses aux investisseurs.

- 15-16 juin : Lagardère puis DaimlerChrysler affirment qu'ils n'étaient pas informés du retard de calendrier lorsqu'ils ont vendu leurs actions le 4 avril.

- 16 juin : L'Autorité des marchés financiers annonce enquêter depuis plusieurs semaines sur le titre EADS, à la demande de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam). Forgeard se défend de tout délit d'initié dans la vente de ses actions qui lui ont rapporté 2,5 millions d'euros. Il assure n'avoir été prévenu que fin avril des retards de calendrier. Il dit avoir passé les ordres de ventes pour le compte de ses enfants au mois de mars.

2 juillet: Démission du coprésident exécutif d'EADS Noël Forgeard et de Gustav Humbert, sur fond de crise provoquée par les retards de l'A380, et de vente controversée d'actions par Noël Forgeard avant l'annonce des nouveaux délais. M. Forgeard est remplacé par le président de la SNCF Louis Gallois, et Gustav Humbert par Christian Streiff, un ancien de Saint-Gobain, qui lance un audit.

20 septembre : Une source interne estime qu'"une division par deux des livraisons l'an prochain semble logique au vu des difficultés industrielles liées à l'adaptation des câblages électriques aux variantes demandées par les clients".

21 septembre : EADS annonce de nouveaux retards de livraison de l'A380, en raison de "problèmes persistants d'industrialisation" liés aux câblages électriques.

- 3 octobre : EADS informe d'un troisième retard de livraisons "en moyenne d'un an". Le premier exemplaire de l'A380 sera livré au deuxième semestre 2007 à Singapore Airlines, 13 livraisons sont prévues en 2008, puis 25 A380 devraient sortir des chaînes d'assemblage en 2009, suivis de 45 autres en 2010.
Ce nouveau retard amputera le résultat brut d'exploitation d'EADS de 2,8 milliards d'euros supplémentaires jusqu'en 2010. Airbus lance un vaste programme de réduction des coûts, pour économiser "au moins" 2 milliards d'euros par an à partir de 2010", et n'exclut pas des suppressions d'emploi.

9 octobre: EADS accepte la démission du PDG d'Airbus, Christian Streiff. Par ailleurs, l'avionneur européen a publié des chiffres faisant état de 226 commandes fermes d'appareils commerciaux sur les neuf premiers mois de l'année, loin derrière Boeing. Airbus a reçu seulement quatre commandes de moyens courriers en septembre : trois A319 et un A320, de la part de "clients privés" non identifiés. Airbus reste en revanche leader sur le plan des livraisons avec 320 appareils livrés à fin septembre soit 37 de plus (27 de la famille A320, 5 A330 et 5 A340) qu'à fin août. Boeing annonce sur son site 295 livraisons à fin septembre.

7 novembre : le groupe américain de messagerie et de colis FedEx annule une commande de 10 A380 version cargo pour les remplacer par 15 avions B777 cargo de Boeing.

12 décembre : l'A380 reçoit son certificat de navigabilité à Toulouse, indispensable pour son exploitation commerciale.