Contrefaçon d'euros: L'Europe veut être plus sévère

Avec Reuters

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La Commission européenne a franchi une nouvelle étape mardi dans son combat contre la contrefaçon d'euros, en proposant un minimum de six mois de prison pour les délits graves et des moyens pour sortir plus rapidement les faux de la circulation. «Nous devons nous assurer que le crime ne paie pas», a déclaré Algirdas Semeta, le commissaire européen chargé de la lutte contre les fraudes.

«Une approche mieux harmonisée des sanctions et une meilleure coopération transfontalière vont nous aider à porter un coup sérieux à la contrefaçon des devises», a-t-il indiqué dans un communiqué. Ces mesures, qui doivent encore être appouvées par les pays membres de l'Union européenne, imposeraient des peines communes en cas de production et de distribution de fausses devises.

Pas de sanction minimum en Bulgarie et en Autriche

Les peines varient actuellement selon les pays d'Union européenne. Ni la Bulgarie ni l'Autriche n'ont par exemple de sanction minimum pour les personnes distribuant de faux billets ou pièces. En Lituanie ou en Irlande, les personnes accusées de contrefaçon peuvent s'en tirer avec une simple amende. La proposition durcirait les règles dans des pays membres comme la Bulgarie ou l'Italie, pays figurant selon l'office de police européen Europol parmi les plus avancés en matière de faux-monnayage.

Les billets de 20 et 50 euros sont ceux qui sont le plus contrefaits, selon la Banque centrale européenne (BCE). Ils représentent à eux deux quatre cinquièmes des 280.000 faux billets retirés de la circulation dans la seconde moitié de l'année dernière. Ces sanctions viendraient en complément de nouvelles mesures de sécurité comme les filigranes du billet de cinq euros mis en circulation par la BCE le mois dernier. Il y a actuellement 913 milliards d'euros en billets en circulation dans le monde, et 16 milliards d'euros en pièces.