La Lettonie adhère sans enthousiasme à l'euro

EUROPE Passant outre la crise de la zone euro, la Lettonie s'apprête à adopter jeudi une législation clef pour pouvoir en devenir le 18e membre au 1er janvier 2014, mais très peu d'habitants de ce pays balte sont enthousiastes...

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Passant outre la crise de la zone euro, la Lettonie s'apprête à adopter jeudi une législation clef pour pouvoir en devenir le 18e membre au 1er janvier 2014, mais très peu d'habitants de ce pays balte sont enthousiastes.
Passant outre la crise de la zone euro, la Lettonie s'apprête à adopter jeudi une législation clef pour pouvoir en devenir le 18e membre au 1er janvier 2014, mais très peu d'habitants de ce pays balte sont enthousiastes. — Ilmars Znotins afp.com

Passant outre la crise de la zone euro, la Lettonie s'apprête à adopter jeudi une législation clef pour pouvoir en devenir le 18e membre au 1er janvier 2014, mais très peu d'habitants de ce pays balte sont enthousiastes.

Beaucoup craignent que le passage à l'euro ne fasse qu'augmenter les difficultés pour cette ex-république soviétique de 2 millions d'habitants, pas encore entièrement remise de la récession la plus profonde au monde qui l'avait frappée dans les années 2008-2009. Sur ces deux ans, le Produit intérieur brut (PIB) letton avait fondu de 25%.

Selon une enquête réalisée en décembre par la banque DNB, seuls 8% des Lettons soutiennent une adhésion rapide à l'euro. 42% préféreraient attendre, 41% s'y opposent catégoriquement et 9% restent indécis.

Le Premier ministre centriste Valdis Dombrovskis estime que l'abandon de la monnaie nationale, le lat, déjà arrimé à l'euro, stimulera l'économie. Selon lui, l'adhésion à l'eurozone facilitera les échanges avec les principaux partenaires commerciaux de la Lettonie, déjà membres de l'euro.

Pour convaincre l'opinion publique, les autorités ont lancé une vaste campagne dans les médias pour vanter les vertus du passage à la monnaie commune. Mais l'opposition parle de «propagande».

Hausse des prix à la consommation

«Chaque médaille a son revers que les partisans de l'euro omettent de mentionner. Les prix vont augmenter. C'est ce qui est arrivé dans tous les pays de l'UE qui sont passés à l'euro. Nous ne sommes pas une exception», affirme Iveta Grigule, une députée du parti des Verts et Fermiers (ZZS, opposition).

L'Estonie voisine, premier pays de l'ex-URSS à avoir adhéré à l'euro en janvier 2011, a vu les prix à la consommation augmenter de 5% cette année, après une hausse de 3% en 2010. L'an dernier, les prix y ont augmenté de 3,9%, selon la Banque centrale d'Estonie.

En Lettonie, les altermondialistes et les groupes d'extrême droite sont devenus les adversaires les plus farouches du passage à euro. Leur site internet commun «Non à l'euro» qualifie l'Union européenne de successeur de l'Union soviétique.

A Valmiera, une ville industrielle à 110 kilomètres au nord de Riga, la perspective d'adopter l'euro laisse presque indifférent.

«Cela ne changera rien, qu'on se joigne ou non à la zone euro», déclare à l'AFP Anete Kurpniece, directrice de Dodam, un petit bureau qui propose à ses clients un peu de tout, depuis les traductions jusqu'aux souvenirs.

«De toute façon, nous utilisons déjà l'euro: le taux de change est fixe (1,43 euro pour un lat) et les clients étrangers nous payent directement en euros», ajoute-t-elle.

À proximité des ruines du château de Valmiera, datant du 13ème siècle, le copropriétaire d'une trattoria confortable, «Liepziedi un Rozmarins», garde aussi son sang froid.

«Nous laissons les étrangers payer en euros s'ils n'ont pas de lats», indique-t-il. Selon lui, le seul impact du passage à l'euro pour son entreprise pourrait être un règlement plus rapide de ses factures aux fournisseurs italiens.

A l'usine de fibre de verre Valmieras Stikls, principal employeur de la ville et l'un des plus grands exportateurs lettons, l'ambiance est plus optimiste.

«Je pense que notre entreprise va bénéficier de l'adhésion à l'euro», indique à l'AFP le chef des services financiers, Senbergs Dainis, estimant que le commerce serait ainsi plus facile «avec les clients d'en dehors de l'Europe, ceux des Etats-Unis et d'Asie.»

«Dire non à la zone euro pourrait nuire à l'image de la Lettonie auprès des investisseurs étrangers», souligne-t-il.

Pour avancer vers l'euro, les législateurs lettons doivent adopter jeudi une paquet de lois qui permettra à Riga de demander le feu vert de Bruxelles.

La Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) doivent prononcer leur verdict d'ici le milieu de l'année.