L’optimisme des cadres prend un coup de froid

EMPLOI 31% des cadres français estiment que leur entreprise est en difficulté...

M.B.

— 

Les services de l'Apec.
Les services de l'Apec. — Julien Daniel/Apec

Quand il fait froid dehors, mieux vaut rester au chaud. Avec la crise, les cadres français ne sont plus que 27%  à vouloir quitter leur entreprise dans les douze prochains mois contre 31% il y a un an, selon une étude de l’Apec (l’association pour l’emploi des cadres) .

Situation économique en berne

Et pour cause: les 1.000 cols blancs interrogés attribuent en moyenne une note de 4,1 sur 10 à la situation économique globale, au plus bas depuis décembre 2011. 63 % attribuent même une note entre 1 et 4 sur 10.  Les cadres des fonctions Production industrielle-Chantier et Ressources humaines semblent particulièrement inquiets, de même que ceux des secteurs Commerce-Transports et Construction.

Une inquiétude qui se traduit aussi par la perception de la santé de leur entreprise. 31% estiment qu’elle est en difficulté (un chiffre qui monte à 33% dans l’industrie et 35% dans le commerce-transports), soit un bond de sept points au cours des douze derniers mois. Seulement 28% pensent que leur entreprise est en développement contre 33% en décembre 2011.

Dans ce contexte, 63 % des sondés indiquent que leur entreprise a recruté des cadres au cours des six derniers mois, soit sept points de moins qu’il y a un an. De l’autre côté, 59 % indiquent que des cadres ont quitté leur entreprise à la suite de licenciements ou de départs négociés, soit deux points de plus qu’il y a un an.

Les cols blancs en profitent pour se former

En bonne logique, la proportion des cadres optimistes pour leur avenir professionnel stagne, voire recule même s’ils restent néanmoins largement majoritaires (59%). Pour mémoire, 68% se montraient confiants en mai 2011. Il faut dire que leur marché du travail reste protégé avec un taux de chômage de 4% contre 10% pour l’ensemble de la population active.

Malgré tout, les cadres profitent de cette période plus difficile pour améliorer leur employabilité à court (71%) et à moyen terme. La part des cadres qui déclarent vouloir suivre des formations longues progresse de 6 points par rapport à décembre 2011 à 42%. L’enquête de l’Apec note aussi la progression de l’intérêt pour les bilans de compétences (en particulier, 58 % des hommes cadres les jugent utiles) et des démarches pour une validation des acquis de l’expérience (51 % des femmes cadres s’y intéressent).