Renault: Arnaud Montebourg demande à Carlos Ghosn de baisser sa rémunération en direct sur France 2

AUTOMOBILE Puisque des demandes similaires sont formulées à l'égard des salariés...

M.B. avec Reuters

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Arnaud Montebourg à Lille, le 14 novembre 2012.
Arnaud Montebourg à Lille, le 14 novembre 2012. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

C’était le grand retour médiatique d’Arnaud Montebourg. Invité de l'émission Des Paroles et des actes sur France 2, le ministre du Redressement productif a assuré jeudi qu'il était impossible que Renault menace de fermer des sites en France dans le cadre des négociations en cours sur un plan de compétitivité avec ses syndicats, ayant pris des engagements contraires auprès du gouvernement.

«Il n'est pas possible qu'il y ait fermeture de sites», a-t-il dit sur Renault, dont l'Etat français détient 15% du capital. Selon lui, le constructeur, dans le plan automobile présenté en juillet par le gouvernement, «a pris l'engagement de ne fermer aucun site, donc il n'est pas possible qu'il y ait de fermeture de site, il n'est pas possible qu'il y ait le moindre chantage à la fermeture de site». «Il n'y a pas de licenciements à Renault parce que nous l'avons exigé», a-t-il ajouté.

Des syndicats ont accusé la direction de Renault, qui l'a formellement démenti, d'avoir menacé de fermer deux sites en France si aucun accord n'était possible sur le plan de compétitivité en cours de négociation. Les propositions du groupe intègrent un gel des embauches, une forte modération salariale et une augmentation du temps de travail.

Accusations de chantages

Le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a récusé jeudi matin les accusations de chantage à la fermeture de sites en cas d'échec des négociations sur un accord de compétitivité, expliquant qu'il voulait au contraire un accord pour persuader des partenaires de produire en France. «On n'est pas en train de dire aujourd'hui, nous voulons fermer des sites. Par contre, on peut les éviter en faisant ceci ou cela, on n'est pas en train de dire cela. On est en train de dire, nous voulons un accord compétitivité», a-t-il déclaré sur France 2.

Dans ce contexte, Arnaud Montebourg a estimé qu'il ne serait «pas absurde» de demander au président de Renault, Carlos Ghosn, de «faire un effort sur ses propres émoluments puisque des demandes sont formulées à l'égard des autres salariés». Il a rappelé que les deux représentants de l'Etat français au conseil d'administration de Renault avaient voté contre la rémunération de Carlos Ghosn lors de la dernière réunion consacrée à la question. Il a touché 9,9 millions d’euros entre avril 2011 et mars 2012 au titre de patron de Nissan et 2,8 millions d'euros en 2011 comme PDG de la marque au losange.

Nissan au secours des usines françaises

Selon les Echos, le groupe japonais «devrait attribuer sa prochaine berline moyenne», soit près de 80.000 exemplaires par an, à l’usine de Douai (Nord) ou de Flins (Yvelines). Une information qui vient confirmer l’annonce d’Arnaud Montebourg la semaine dernière sur BFM TV où il appelait Carlos Goshn à faire en sorte que «Nissan se porte au secours des usines françaises».