La Bourse grimpe, un bon présage pour la croissance en 2013?

CROISSANCE Si la croissance mondiale sera bien au rendez-vous en 2013 comme semble l’indiquer les Bourses, l'avenir de la zone euro reste lui très incertain…

Bertrand de Volontat

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Le rez-de-chaussée de la Bourse de New York, vide de tout trader, le 29 octobre 2012, à l'appoche de l'ouragan Sandy.
Le rez-de-chaussée de la Bourse de New York, vide de tout trader, le 29 octobre 2012, à l'appoche de l'ouragan Sandy. — Richard Drew/AP/SIPA

A plus de 14.000 points pour le Dow Jones et 1.500 points pour le S&P 500, les indices de Wall Street ont atteint des plus hauts quasi-historiques cette semaine. Alors que l’évolution des marchés financiers est souvent considérée comme un indicateur anticipé de la croissance à venir sur un horizon de 12 mois, ces bons résultats outre-Atlantique jumelés à un CAC 40 qui ne cesse de progresser – +15% en 2012, déjà +3% en 2013 –  ont de quoi, à priori réjouir une zone euro engluée dans la récession.

Le paradoxe de la zone euro

Si la croissance mondiale devrait progresser de 3,5% en 2013, «la performance actuelle des indices boursiers ne reflète pas sa situation économique actuelle en Europe ou dans le monde», affirme Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC. Mais alors pourquoi  les cours sont-ils si hauts? «La progression des bourses s’explique d’abord par le sentiment que les scénarii les plus noirs vont être évités», poursuit l’économiste.

A l’heure actuelle «le risque bancaire en Europe diminue sensiblement grâce à la volonté de l’Europe de mettre en place une union bancaire», analyse Christian Parisot. De surcroît, une sortie de la Grèce de la zone euro ne semble plus d’actualité.

Après bien des frayeurs en 2012, le risque d’éclatement de la monnaie unique s’est donc dissipé surtout après l’intervention de la BCE qui s’est dit prête à acheter, sous conditions de la dette des pays en difficultés dont les taux d’intérêt flambaient. «C’est une bouffée d’oxygène temporaire grâce notamment à Mario Draghi, son patron, qui a sauvé la zone euro à l’automne, mais la récession est toujours là. C’est une illusion d’optique», insiste Marc Touati, économiste chez ACDEFI.

La situation sur le vieux continent reste  donc paradoxale, «même si le CAC 40, selon mes prévisions, atteindra 4.000 points (3.700 points actuellement) avant de retomber, car le chômage et les licenciements sont encore d’actualité. De plus, avec un euro aussi fort (1.33 dollar), la zone euro se tire une nouvelle balle dans le pied», détaille Marc Touati. On assiste donc actuellement juste à une correction après des années de forte baisse. «La situation reste difficile mais pour des entreprises françaises  profitant de la croissance des pays émergents, les perspectives s’améliorent. Les grandes sociétés cotées ne reflètent pas seulement l’activité dans la zone euro», ajoute enfin Christian Parisot.