La sécurité, un secteur en plein boom, mais qui paye peu

TRAVAIL En 2010, le salaire horaire moyen net était de 9,70 euros...

M.B.

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Les 230 agents de Securitas assurent la sécurité du Parlement européen
Les 230 agents de Securitas assurent la sécurité du Parlement européen — G. varela/20minutes

Un chiffre d’affaires en hausse de 5,5% par an entre 1998 et 2010, contre 3,4 % pour l’ensemble des services marchands. Le secteur des enquêtes et de la sécurité (agent de sécurité, transports de fonds, détectives…) qui pèse 8 milliards d’euros, est en pleine expansion, selon une étude de l’Insee.

Il a bénéficié à plein du mouvement d’externalisation par les entreprises (77% de leurs clients) de leurs fonctions supports comme le nettoyage et l’entretien des bâtiments, la gestion de la flotte de véhicules ou celle du parc de machines de bureau, en plus du développement de la demande en sécurité des collectivités territoriales.

Forte hausse du nombre d’entreprises

Résultat, le nombre d’entreprises a crû de 6,4% depuis 1998. Plus de 9.000 se partagent le marché dont 78% emploient moins de dix salariés. Mais l’activité reste dominée par quelques gros acteurs, les dix premiers concentrant 35% des revenus. Et celle-ci est très gourmande en main-d’œuvre. Les quelque 130.000 salariés représentent le premier poste de charges (62% du chiffre d’affaires). Cependant, les salaires sont faibles. Si 40% sont au-dessus du Smic, ils sont «parmi les plus faibles des services marchands», constate l’Insee, soit  9,7 euros nets par heure contre 13,8 euros pour la moyenne de ces derniers. Confrontés à un accroissement du turn-over, les employeurs ont consenti à des augmentations de salaire (4,4% en moyenne depuis 1998) plus important que dans les services marchands (+3,4%).

Dans ce contexte, l’Insee relève que les marges sont faibles, voisines de 5%, contre 31% dans les services marchands. Malgré tout pour gagner des parts de marché dans ce paysage concurrentiel, certains ont décidé de casser les prix. Neo Sécurité, deuxième acteur derrière Securitas, en a fait l’amère expérience. Acculée, en cessation de paiement, elle n’a dû son salut qu’à sa reprise par le groupe d’expertise comptable Fiducial, dont l’offre a concerné 3.200 salariés sur 5.000.

Dans le détail, l’Insee souligne que le secteur des activités de sécurité privée (garde et patrouille, transport de fonds) constitue la principale composante avec près des trois quarts des sociétés dont plus de six milliards d’euros en 2010 de chiffre d’affaires.

Les enquêtes restent marginales

La deuxième est celui des activités liées aux systèmes de sécurité. Les entreprises y opèrent des systèmes de surveillance électronique, mais elles peuvent aussi vendre, installer et réparer ces systèmes.

«Malgré sa notoriété dans les romans policiers ou au cinéma, le secteur des activités d’enquête reste, du point de vue économique, de loin le plus marginal des secteurs de la sécurité. En effet, il ne regroupe que quelques centaines de sociétés, généralement de très petites structures (souvent réduites au propriétaire de l’agence, le fameux « privé », et à une secrétaire) ; elles génèrent un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros en 2010», conclut l’Insee.