Royaume-Uni: Quel impact économique aurait une sortie de l'UE?

UNION EUROPEENNE Si le Royaume-Uni sortait, les conséquences seraient-elles totalement négatives pour l'UE et le sortant?...

Bertrand de Volontat

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Le Premier ministre britannique David Cameron, le 16 janvier 2013, devant le 10 Downing Street, à Londres.
Le Premier ministre britannique David Cameron, le 16 janvier 2013, devant le 10 Downing Street, à Londres. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Le Premier ministre David Cameron a finalement cédé aux eurosceptiques de son camp en décidant de s'engager mercredi à organiser à l'horizon 2015-2017 un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, s'il gagne les élections législatives de 2015.

Une Europe sans le Royaume-Uni? La banque Morgan Stanley l’avait prédit dès la fin d’année dernière, faisant le pari d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union courant 2013. «From Grexit to Brixit», titrait même la banque américaine. Et si elle avait finalement raison, quelles conséquences, bénéfiques ou négatives, aurait un tel événement, à la fois pour le pays et pour l’Union européenne? Le Royaume-Uni a plus à y perdre que l’Union européenne, annoncent déjà les spécialistes. «Cela constituerait une erreur monumentale», a même déclaré l'ancien chef du gouvernement travailliste Tony Blair

Les conséquences négatives

Pour l’Union européenne

- La stabilité de l’Union européenne et par ricochet de la zone euro serait impactée. «On ne peut pas faire l'Europe à la carte», a dit Laurent Fabius sur France Info ce mercredi. Toutefois, «les effets domino sont difficiles à envisager dès 2013 pour après 2017, nous explique Catherine Stephan, économiste chez BNP Paribas. Il s’agit surtout pour l’heure de discours politiques.»

Pour le Royaume-Uni

- «La perspective d'un référendum aura des conséquences négatives pour la fragile reprise de l'économie britannique, a estimé le vice-Premier ministre Nick Clegg. Des années et des années d'incertitude du fait d'une renégociation interminable et mal cadrée de notre place en Europe affectent la croissance et l'emploi.»

- Le Royaume-Uni aurait beaucoup à perdre: l’Ecosse, qui avait poussé pour une entrée britannique au sein de la CEE en 1975, pourrait faire chemin à part, hors du Royaume-Uni; les banques étrangères de la City qui sont basées à Londres car elle représente le cœur de l’Europe (plus sur les risques encourus par la City, par ici); les entreprises et investisseurs étrangers partiraient, causant la suppression de milliers d’emplois. Les libéraux parlent même de trois millions d’emplois.

- Ensuite, le marché unique de l'Union européenne représente plus de la moitié du commerce extérieur britannique -quelque 47% de la valeur totale des exportations et près de 43 % de ses importations. «Notre participation au marché unique est la principale raison à notre appartenance à l'UE», précise David Cameron.

- Enfin, le Royaume-Uni perdrait du poids et de l'influence vis-à-vis des Etats-Unis qui utilisent la Grande-Bretagne comme de leur porte d’entrée et de contrôle de l’Union européenne. 

Les conséquences bénéfiques

Pour l’Union européenne

- «Je ne vois pas de bénéfice possible d’une sortie de la Grande-Bretagne», assène Catherine Stephan.

- Toutefois, Paris déroulera «le tapis rouge» aux hommes d'affaires britanniques si la Grande-Bretagne sort de l'Union européenne, a dit «avec astuce» mercredi Laurent Fabius. Preuve de la fuite des capitaux et des cerveaux vers l’Union européenne qu’une sortie de la Grande-Bretagne provoquerait.

Pour le Royaume-Uni

- Le Royaume-Uni économiserait un minimum six et à sept milliards d’euros par an relatifs aux dépenses de l’Union européenne et récupérerait un tiers du temps parlementaire en plus consacré aux affaires européennes.

- La crise de la dette dans la zone euro, à laquelle le Royaume-Uni n'appartient pas, est l’une des principales raisons de l'exigence d'une renégociation de sa participation au bloc des 27. Une sortie permettrait au Royaume-Uni de ne plus être du tout concerné par des problèmes qu’il considère ne pas être les siens (crise de la zone depuis trois ans, conséquences sur les banques, les places financières et l’activité économique européenne).