Artisanat: La France veut protéger ses savoir-faire

ARTISANAT La ministre Sylvia Pinel vient de présenter son Pacte pour l'artisanat. Il prévoit notamment d'étendre aux produits manufacturés les indications géographiques protégées (IGP)...

Céline Boff
— 
Sylvia Pinel, Ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme visite les marchés de Noël de Strasbourg, le 30 novembre 2012.
Sylvia Pinel, Ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme visite les marchés de Noël de Strasbourg, le 30 novembre 2012. — Gilles Varela/20 Minutes

Après le Pacte pour la compétitivité vient le Pacte pour l’artisanat. Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, a présenté ce texte ce mercredi en Conseil des ministres.

Il se décline en 33 actions et vise à répondre à sept enjeux. Dont une meilleure protection des produits français. «Le cas de Laguiole est emblématique, mais il n’est pas le seul. Il faut protéger les savoir-faire de nos territoires et les consommateurs», estime Sylvia Pinel, qui propose d’élargir aux produits manufacturés les indications géographiques protégées (IGP). Un projet de loi devrait être présenté dès la fin du premier trimestre 2013.

Un secteur qui peine à recruter

L’artisanat français étant fortement exportateur –une entreprise qui vend à l’international sur trois est artisanale– la ministre promet d’engager des démarches auprès de la Commission européenne pour se doter d’un texte applicable à l'ensemble de l'Union.

La priorité de la ministre reste toutefois l’emploi, principal cheval de bataille du gouvernement. Et contrairement à d'autres secteurs qui licencient à tour de bras, l’artisanat, qui draine 10% de la population active française, soit 3 millions de personnes, peine à recruter. «De nombreux métiers sont en tension notamment dans la production industrielle et les métiers de bouche», note la ministre, «alors qu’un jeune sur quatre est au chômage, cela est inacceptable». Elle compte donc renforcer l'attractivité de ces métiers dans les écoles. 

Des cours de préparation à l’entrepreneuriat

Autre enjeu: la transmission-reprise d'entreprise. A l’heure actuelle, plus de six sociétés artisanales à céder sur dix sont contraintes de fermer leurs portes, faute de repreneurs. «Je veux que le contrat de génération soit utilisé par les artisans pour recruter des jeunes et leur transmettre les compétences nécessaires à la reprise de leurs activités», avance Sylvia Pinel.

>> Comment aider les salariés à reprendre leurs entreprises

Des cours de préparation à l’entrepreneuriat seront en outre intégrés dans toutes les formations délivrées par les Centres de formation des apprentis (CFA) et un tutorat sera systématiquement proposé aux jeunes artisans s’inscrivant au répertoire de la Chambre de métiers.

«L’artisanat est un secteur moderne en Europe et fortement créateur d’emplois. En France, il a besoin d’une implication renforcée du gouvernement», a martelé la ministre, ajoutant que «l’artisanat est ancré dans tous les territoires et qu’il permet à la France de rayonner dans le monde comme un leader incontesté de l’art de vivre à la française».