Sécu : un rapport pointe d'«inévitables» réformes

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A un an des élections, la tâche s'annonce délicate pour un gouvernement à qui il a déjà été reproché de mettre rudement à contribution les assurés (forfait à 18 €, déremboursement de médicaments, taxation des plans épargne logement de plus de 10 ans). Xavier Bertrand a quoi qu'il en soit affirmé qu'il ne serait pas demandé aux Français "de payer davantage".
A un an des élections, la tâche s'annonce délicate pour un gouvernement à qui il a déjà été reproché de mettre rudement à contribution les assurés (forfait à 18 €, déremboursement de médicaments, taxation des plans épargne logement de plus de 10 ans). Xavier Bertrand a quoi qu'il en soit affirmé qu'il ne serait pas demandé aux Français "de payer davantage". — AFP/Infographie

Hausses des prélèvements et nouveaux plans d'économies : le prochain gouvernement devra agir s'il veut sauver la Sécu. C'est ce qui ressort du 9e rapport annuel que la Cour des comptes consacre à la Sécurité sociale et qu'elle doit présenter ce matin. Celle-ci juge « considérables » ses besoins de financement : d'ici à 2009, ils s'élèveront à 37 milliards d'euros et sont évalués à 16 milliards pour la seule année 2006. De nouvelles réformes paraissent donc « inévitables ».

Globalement, la Cour relève certes une légère réduction du déficit global du régime général de la Sécurité sociale « grâce au début de redressement enregistré par la branche maladie ». Il est passé de 13,2 milliards d'euros en 2004 à 11,6 milliards en 2005. Mais elle juge aussi cette amélioration en « trompe-l'oeil », en raison de la situation financière des branches vieillesse et famille qui sont « confrontées à un déficit structurel sans perspective de rétablissement à court terme ».

Et si l'on ajoute les déficits du fonds solidarité vieillesse (FSV) et du fonds de financement du régime des exploitants agricoles (Ffipsa), c'est encore pire : le besoin de financement s'élève en réalité à 14,4 milliards d'euros en 2005 contre 14,2 en 2004. Et alors que le sujet agite le monde politique, la Cour regrette l'absence de réformes des régimes spéciaux de retraite suivant les principes Fillon de 2003. Ceux-ci prévoient un alignement des durées de cotisations des fonctionnaires avec les salariés du privé.

V. L.