Intempéries: Quel impact pour l'économie?

METEO S'il devait se prolonger, l'épisode neigeux pourrait pénaliser un grand nombre de secteurs d’activité...

Claire Planchard

— 

A l'aéroport Lyon Saint-Exupéry le 15 janvier 2013.
A l'aéroport Lyon Saint-Exupéry le 15 janvier 2013. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

Bien plus que le froid, la neige est le grand ennemi des entreprises. Outre les retards, voire les absences de salariés, c’est parfois l’ensemble de l’activité, de l’approvisionnement à la distribution, qui se trouve en effet perturbé par des routes enneigées. Tous secteurs confondus.

Les transporteurs en première ligne

Premières victimes directes: les entreprises de transports. Les trois épisodes neigeux de l’hiver 2010-2011 avaient ainsi coûté plus de 150 millions d’euros à la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). Au total, elle chiffrait alors à 20 millions d’euros le manque à gagner quotidien lié aux mesures de stockage de poids-lourds. «Il y a la perte de chiffre d’affaires, mais aussi la désorganisation des entreprises et les coûts des heures supplémentaires pour les conducteurs bloqués», détaille-t-on à la Fédération. Le fait que l’Ile-de France soit touchée est un facteur aggravant, compte tenu de l’importance stratégique de ce carrefour routier pour les transports nationaux.

>> Le point sur les perturbations à prévoir dans les transports lundi et mardi

Même impact chez les compagnies aériennes: en 2010, la facture de l’épisode neigeux s’était élevée à 70 millions d’euros pour Air France – KLM. Si la compagnie refuse pour l’heure de chiffrer le coût des intempéries de ces trois derniers jours en raison de la prochaine publication des résultats annuels, le 22 février, l’annulation de 40% des vols courts et moyens courriers au départ de Paris demandée par la DGAC pèse sur ses comptes: «Nous avons envoyé 300.000 messages pour prévenir nos clients en cas d’annulation, nous avons assoupli nos conditions de modifications en proposant un report sans frais, 1.000 chambres d’hôtels ont été réservées la nuit dernière pour les passagers en correspondance et 4.000 personnes au total ont été mobilisées», explique un porte-parole.

Une consommation sélective

Les routes bloquées ne sont pas non plus une bonne nouvelle pour les commerçants. «Samedi, les clients qui ne pouvaient pas accéder aux magasins sont restés bien au chaud chez eux: cela représente des ventes ratées, avec un faible espoir de report dans les jours qui viennent alors même que les soldes sont en recul de 7% cette année par rapport à l’année dernière», explique Jean-Marc Genis, directeur exécutif de la Fédération des enseignes de l’habillement (FEB).

Au total, 70% des secteurs seraient ainsi météo-sensibles à divers degrés, selon Jean-Louis Bertrand, professeur de finances à l’Essca d’Angers, auteur de «La gestion du risque météo en entreprise» (Revue Banque, 2011). Un quart du PIB serait ainsi potentiellement détruit en cas d’anomalie climatique.

Certains secteurs, devraient toutefois y trouver leur compte, fournisseurs de solutions hivernales (sels, liquide de dégivrage...), chauffagistes et carrossiers en tête. Selon les sociétés Metnext et Climpact spécialistes de la «météo-sensibilité», les ventes de soupes ont également progressé de 21% (+37% sur Paris) sur la troisième semaine de janvier et celles de soin du visages de 6%, par rapport aux volumes observés la même semaine de 2011.