Le ralentissement de l'inflation devrait se poursuivre en 2013

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L'inflation moyenne a ralenti légèrement en 2012 par rapport à l'année précédente malgré une forte hausse des prix de l'alimentation et des prix de l'énergie toujours élevés, une tendance qui devrait se maintenir en 2013, selon les analystes.
L'inflation moyenne a ralenti légèrement en 2012 par rapport à l'année précédente malgré une forte hausse des prix de l'alimentation et des prix de l'énergie toujours élevés, une tendance qui devrait se maintenir en 2013, selon les analystes. — Philippe Huguen afp.com

L'inflation moyenne a ralenti légèrement en 2012 par rapport à l'année précédente malgré une forte hausse des prix de l'alimentation et des prix de l'énergie toujours élevés, une tendance qui devrait se maintenir en 2013, selon les analystes. D'après les données publiées jeudi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les prix à la consommation ont augmenté en moyenne de 2,0% entre 2011 et 2012, contre 2,1% en 2010 et 2011.

Ces données en moyenne annuelle s'appuient sur l'ensemble des prix d'une année, tandis que les prix donnés chaque mois en glissement annuel calculent l'évolution d'un mois par rapport au même de l'année précédente, d'où le décalage par rapport aux chiffres de décembre 2012 dévoilés la semaine passée. Hors tabac, l'évolution des prix en moyenne annuelle est de +1,9% (contre +2,1% entre 2010 et 2011), a précisé l'Insee. En décembre, la hausse de l'indice des prix à la consommation n'a atteint que 1,2% en glissement annuel. Ce chiffre a servi de base à la révision à la baisse du taux du Livret A. L'inflation moyenne est en revanche la référence pour l'indexation d'un grand nombre de prestations sociales.

Pas de gros problème d'inflation et donc de pouvoir d'achat

«Le 2% sur l'ensemble de l'année 2012 ne signale pas de gros problème d'inflation et donc de pouvoir d'achat, à priori, des ménages», commente Jean Christophe Caffet, économiste chez Natixis. Mais, tempère-t-il, «simplement dans le détail, on voit que ce sont principalement des postes de dépenses incompressibles (énergie, alimentation...) et qui représentent une part prépondérante du budget des ménages les plus modestes». «Cela pose un problème car ce sont eux qui +trinquent+ le plus sur le marché de l'emploi» très morose. L'année a été marquée une nouvelle fois par une «accélération des prix des produits alimentaires» qui ont augmenté de 3% en moyenne annuelle contre 1,9% en 2011, explique l'Insee. Cette progression est «imputable principalement à la vive hausse des prix des produits alimentaires frais (+5,2 % en 2012 après -1,2 % en 2011)», ajoute l'institut.

Les principales augmentations concernent la viande (+3,0 %), les boissons alcoolisées (+4,0 %), le café (+6,0 %) mais aussi les boissons gazeuses, jus et sirops (+6,1 %). Les prix de l'énergie ont continué à grimper (+5,2%). Mais après le pic de 12,3% de 2011, le rythme de hausse a ralenti en moyenne annuelle, «en lien avec les évolutions des prix des produits pétroliers (+5,8% en 2012 après +15,8 % en 2011)». Idem pour les prix des carburants (+4,9 % en 2012 après +14,3% en 2011), qui «ont eu tendance à se replier en fin d'année», souligne encore l'Insee. Après une quasi-stabilité en 2011 (+0,1 %), les prix de l'habillement et des chaussures ont progressé de 2,2% en 2012. Du côté des baisses, les prix de la santé se sont repliés de 0,7%. Dans les services, les prix des équipements audiovisuels et informatiques ont continué de baisser (-7,1% contre -9,4 % en 2011). Le recul des prix des télécommunications s'est amplifié (-9,5% contre -2,5% en 2011).

A terme, sous l'effet de la crise et de la dégradation du marché de l'emploi, l'inflation devrait continuer son mouvement de ralentissement illustré par le chiffre de décembre, selon les experts. Selon Natixis, l'inflation devrait ainsi se situer à +1,4% sur l'année en dépit de quelques variations, avec un premier trimestre qui devrait être marqué par un ralentissement plus fort sous l'effet des soldes, avant un léger rebond au deuxième trimestre et une stabilisation en fin d'année. «En termes de perspectives, c'est un ralentissement qui me semble relativement pérenne en raison de tout ce qui se passe sur le marché de l'emploi», insiste M. Caffet.