2012, bonne année pour le pouvoir d'achat immobilier

ETUDE Il a progressé dans les dix grandes villes de France, selon le nouveau baromètre publié jeudi par le courtier Empruntis et le réseau MeilleursAgents.com...

Claire Planchard

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Vue aérienne de Strasbourg.
Vue aérienne de Strasbourg. — Tomii/SUPERSTOCK/SIPA

Ce n’est pas le moindre des paradoxes: alors que le volume de transactions s’est effondré l’an dernier (-20%), le pouvoir d’achat immobilier, c'est-à-dire la capacité d’achat en mètres carrés rapportée aux revenus moyens et aux conditions d’emprunt, a quant à elle significativement augmenté, et ce dans toute la France.

De 8 à 14% de hausse de pouvoir d’achat

C’est ce que révèle la deuxième édition du baromètre publié jeudi par Empruntis et MeilleursAgents.com. Sa spécificité: il n’utilise pas comme étalon la mensualité virtuelle de remboursement de prêts de 1.000 euros/mois, mais la capacité réelle moyenne de remboursement des ménages dans chaque grande ville de France, en appliquant au revenu moyen du foyer estimé par l’Insee le taux d’intérêt moyen sur 20 ans et le critère d’un tiers du revenu moyen retenu par les banques locales.

Résultat des courses: si le classement global reste quasiment inchangé, le pouvoir d’achat, lui, a augmenté partout. Les plus fortes hausses de pouvoir d’achat ont ainsi été enregistrées à Nantes et Lille ( 14%), sous la pression conjointe d’une forte baisse des prix (-1,5% et -3% respectivement) et d’une capacité d’emprunt dopée de 10% par la baisse des taux d’intérêt. A l’inverse, Lyon affiche la hausse la plus modérée ( 8%) «car c’est la ville où les prix ont le plus augmenté», souligne Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents.com.

Un écart du simple au double entre Paris et Strasbourg

Au classement général, Paris reste la ville la plus riche mais aussi celle où on peut acheter la plus petite surface (36m², contre 32 m² l’an passé, 13%). C’est deux fois moins qu’à Strasbourg, qui trône à l’autre extrémité du classement ( 72m², contre 64m², 12%)

Derrière Paris, on trouve Nice (41m²) puis Lille et Marseille (55m²). Viennent ensuite Bordeaux (58m²) et Lyon (60m²), qui est devancée cette année par Toulouse (62m²). Nantes (65m²) et Rennes (71m²) suivent.

Dans la sinistrose ambiante, c’est une bonne nouvelle: «Les années où le pouvoir d’achat augmente dans ces proportions-là sont rares, parce qu’il est atypique que, comme l’an passé, la baisse des taux d’intérêt n’entraîne pas mécaniquement une hausse des prix dans l’immobilier», souligne Sebastien de Lafond.

Quid de 2013? «Le contexte international peut tout faire basculer, mais jusqu’ici tout va bien et il n’y a pas de raison objective que les taux d’intérêt remontent fortement», estime Maël Bernier, porte-parole d’Empruntis. Quant aux prix de l’immobilier, inutile d’attendre «le grand soir», selon Sebastien de Lafond. Le spécialiste s’attend plutôt à une «stratification des prix». En clair: les biens de qualité et bien situés continueront à se vendre cher, voire encore plus cher, tandis que les autres devront concéder des baisses de 5 à 10% pour espérer trouver preneur. De quoi conforter un peu plus le pouvoir d’achat immobilier de ceux qui pourront… et oseront franchir le pas de l’achat immobilier cette année.