PSA: Le site d'Aulnay-sous-Bois se met au point mort

SOCIAL Les salariés du groupe ont voté mercredi une grève reconductible avec occupation d'usine...

Lucie Romano

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Près de 400 salariés, selon la CGT, ont participé à la grève.
Près de 400 salariés, selon la CGT, ont participé à la grève. — Photos : A. GELEBART / 20 MINUTES

Plus aucune voiture ne sortira des lignes de PSA Aulnay. C'est sur ce mot d'ordre de blocage que les salariés de l'usine de Seine-Saint-Denis, promise à la fermeture en 2014, se sont séparés mercredi soir. Une nouvelle assemblée générale doit avoir lieu tôt ce jeudi matin pour décider de la suite à donner à la grève. Une grève reconductible avec occupation d'usine votée mercredi matin, alors que de nouvelles négociations s'ouvrent ce jeudi entre syndicats et direction sur les mesures d'accompagnement du plan social. La production de voitures est restée quasi nulle au cours de la journée, a reconnu la direction.

Le débrayage a commencé très tôt dans un atelier avant de se répandre à toute la chaîne de production. Côté chiffres, la CGT annonce 400 grévistes sur l'équipe du matin (deux tiers des effectifs hors intérimaires). Moitié moins pour la direction pour qui le chiffre n'est « pas plus spectaculaire que d'habitude». «On a une grève par mois depuis un an », a-t-elle expliqué à 20 Minutes. Mais si la mobilisation des salariés n'a jamais cessé depuis juillet dernier, le ton est monté d'un cran mercredi.

«On en a marre»

Car ils ne comptent pas en rester là et même certaines personnes jusqu'ici peu concernées se sont mobilisées, affirment les syndicats. Jets d'œufs, sifflements et palettes brûlées à l'extérieur des bâtiments, le climat s'est tendu au fil de la journée. «Les gars réalisent qu'ils vont perdre leur emploi, et que c'est encore plus dur que de ne plus avoir d'argent, et ils désespèrent», explique Mohamed Khenniche, du syndicat SUD. Lui entend toujours lutter contre la fermeture du site d'Aulnay. Mais beaucoup de salariés semblent avoir fait une croix sur leur avenir dans l'usine. Ils cherchent avant tout à partir dans les meilleures conditions. «On en a marre d'attendre pour savoir comment on va être reclassés. Moi, je travaille ici depuis douze ans. Je veux partir avec le maximum d'argent», confie Romain Cyrille. Les grévistes participeront ce jeudi à la marche pour l'emploi à 10 h 30 depuis la gare RER du Bourget. La première d'une série d'actions.