Commerciaux ?

claire planchard

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Quelque 488 289 m2 supplémentaires devraient voir le jour en 2013 (illustration).
Quelque 488 289 m2 supplémentaires devraient voir le jour en 2013 (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Aéroville à Tremblay-en France (Seine-Saint-Denis), Les rives de l'Orne à Caen (Calvados), Beaugrenelle à Paris, Rives d'Arcin à Bègles (Gironde), Les Eleis à Cherbourg (Manche) : en 2013, 488 289 m2 supplémentaires devraient ouvrir dans le cadre de la création, du redéveloppement ou de l'extension de centres commerciaux, selon le spécialiste de l'immobilier commercial Cushman & Wakefield, soit 13 % de plus qu'en 2012.

Les clés de l'attractivité


Un timing qui a de quoi surprendre, alors que l'économie française s'enlise dans la crise et que la fréquentation des centres commerciaux s'essouffle (-1, 1 % en 2012). «Ces projets ont souvent été imaginés il y a plus de dix ans et dans tous les cas, ils ont été conçus et financés avant le début de la crise de 2008», explique Jean-Michel Silberstein, le délégué général du Conseil national des centres commerciaux.

Une aberration économique ? Pas toujours. «Dans des zones comme l'Ile-de-France, le Sud ou la façade ouest, qui sont en fort développement démographique, c'est assez sain», estime le spécialiste. «En revanche, ailleurs, on peut s'interroger sur la pertinence des projets au vu des problèmes de chômage et de pouvoir d'achat qui frappent les classes moyennes, leur clientèle traditionnelle», note-t-il.

Face à cette «atmosphère générale peu favorable», seuls les centres commerciaux les plus innovants sauront tirer leur épingle du jeu. «La recette à suivre pour que le consommateur adhère, c'est une commercialisation moderne, avec des enseignes nouvelles et attractives, un cadre exceptionnel et un accès facile», résume Jean-Michel Silberstein. Sans cela, les clients ne vont pas s'embêter à prendre leur voiture, alors qu'ils peuvent faire leurs courses sur Internet.

Enfin, sur les projets annoncés en 2013, beaucoup ne verront pas le jour : «Chaque année, 40 % environ des surfaces prévues sont reportées : au final, il ne devrait donc pas y avoir d'orgie», conclut-il. ■