L'Allemagne, de moins en moins hermétique aux difficultés économiques de ses voisins, a dû revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013 tandis que la menace d'une récession plane.
L'Allemagne, de moins en moins hermétique aux difficultés économiques de ses voisins, a dû revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013 tandis que la menace d'une récession plane. — John Macdougall afp.com

Économie

Berlin, rattrapée par la crise, baisse sa prévision de croissance 2013, à 0,4%

Le gouvernement allemand table sur un nouveau ralentissement de son économie en 2013 et baissé sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) à 0,4%, contre 1% attendu jusqu'ici, a annoncé mercredi le ministère de l'Economie.

En 2014, Berlin attend un rebond avec un PIB en hausse de 1,6%. En 2012, la croissance allemande a affiche +0,7%, selon des chiffres provisoires publiés mardi par l'office fédéral des statistiques Destatis. «Il y a toutes les raisons d'être confiant», a assuré le ministre de l'Economie Philipp Rösler, lors d'une conférence de presse.

«Nous partons du principe que la phase de faiblesse de cet hiver sera surmontée au cours de l'année», a-t-il ajouté.  Après avoir fait preuve longtemps d'une résistance remarquable aux problèmes économiques de ses voisins européens, l'Allemagne, fortement exportatrice, a progressivement été rattrapée en 2012 par la dégradation de la conjoncture économique mondiale.

Au dernier trimestre de 2012, son économie s'est même contractée de 0,5%, selon un chiffre encore provisoire. Le ministre de l'Economie a estimé que cette fin d'année 2012 devrait être la période «la plus faible» mais n'a pas voulu dire s'il prévoyait un retour en territoire positif au premier trimestre. Techniquement, si le PIB se contracte à nouveau, l'Allemagne sera considérée en récession.

«L'Allemagne sera encore en 2013 à la pointe de l'Europe en terme d'économie et de marché du travail», a affirmé Philipp Rösler, tablant sur la demande intérieure pour tirer la croissance. Le ministre de l'Economie a indiqué s'attendre à ce qu'en 2013, le marché du travail «reste stable, à des niveaux records», que «les revenus continuent de monter» et que «l'évolution des prix reste modérée» (+1,8%).

Selon le gouvernement, le nombre d'actifs ayant un travail en Allemagne, qui a déjà atteint un niveau historiquement élevé en 2012, devrait encore progresser de 15.000 à 41,6 millions de personnes. Le nombre de chômeurs devrait «rester à un bas niveau», alors qu'il était de 2,9 millions de personnes à fin 2012. Enfin, l'Allemagne devrait limiter son déficit public à 0,5% du PIB en 2013 et 2014, après avoir réussi à dégager un excédent de 0,1% en 2012.