Plainte pour «dénigrement»: Bouygues Télécom charge Free Mobile

TELECOM «Challenges» dévoile des extraits de la plainte déposée par Bouygues Télécom qui sera examinée le 25 janvier au tribunal de commerce de Paris...

C.P.

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Depuis l’annonce des offres de Free Mobile, le 10 janvier 2012, les doutes persistent sur les capacités de son réseau.
Depuis l’annonce des offres de Free Mobile, le 10 janvier 2012, les doutes persistent sur les capacités de son réseau. — PRM/SIPA

Dénigrer violemment et systématiquement ses concurrents pour se tailler une part du juteux marché de la téléphonie mobile en France:voilà la méthode savamment orchestrée par Free selon Bouygues Télécom. Pour l’opérateur, les résultats exceptionnels du nouvel entrant «ne sont ni le fruit exclusif d'avancées techniques, ni celui d'une politique tarifaire exceptionnelle (puisqu'il existe sur le marché d'autres offres compétitives équivalentes) mais bien le fait d'une campagne destructrice de dénigrement systématique et répétitif conçue avant le lancement de l'offre mobile de FREE et constamment entretenue depuis pratiquement un an», peut-on lire dans la plainte que s’est procurée Challenges.  

Une image «profondément et durablement écornée»

 Sondages d’opinions à l’appui, le troisième opérateur historique y explique notamment que sont image «en tant qu’opérateur "amical, honnête, digne de confiance et maître de situation" telle qu’elle ressort d’enquête réalisées par des instituts de sondage a été profondément et durablement écornée, par les agissements de FREE.»

Ce dénigrement supposé aurait suscité selon Bouygues une «hostilité considérable de la part des consommateurs vis-à-vis de Bouygues Telecom». «Cette hostilité est aujourd’hui encore très perceptible, en dépit des investissements réalisés par Bouygues Telecom, car les propos dénigrants ont marqué l’opinion publique et sont encore, à ce jour, accessibles et repris sur internet», détaille la plainte.

Les déclarations provocatrices de Xavier Niel, le PDG d’Iliad sont aussi directement mises en cause: «Les termes "pigeon", "escrocs", "voleurs", utilisés par Xavier NIEL sont régulièrement repris par les clients hostiles, outre de nombreuses autres insultes»,  explique Bouygues Telecom. Un climat de violence verbales qui inquiète direction et syndicats au point d’en avoir débattu lors des consultations du Comité d’entreprise de Bouygues Telecom, souligne l’opérateur.

Un préjudice commercial estimé à  98,8 millions d’euros minimum

Dans un second temps, l’opérateur tente de chiffrer le coût de sa contre-attaque et le préjudice subi.«Pour faire face à cette vague d'incompréhension et de mécontentement de ses clients, consécutifs à campagne dénigrante de Free, Bouygues Telecom a dû mettre en place en 2012 des moyens humains supplémentaires par rapport à l’année 2011 (plus de 300 personnes supplémentaires par rapport à octobre 2011 ont ainsi été déployées, représentant un coût de 4 000 000 euros)», explique la plainte.

«A ces moyens humains, s’ajoutent les moyens financiers correspondant aux gestes commerciaux que Bouygues Telecom a dû consentir à sa clientèle. Ces gestes commerciaux ont augmenté de 30% entre le 1er semestre 2011 et le 1er semestre 2012, soit un coût supplémentaire pour Bouygues Telecom de 5 000 000 euros.»

Au total l’opérateur estime que «la campagne de dénigrement du Groupe ILIAD FREE» nécessitera pour Bouygues Telecom une campagne de riposte d'un montant 34,2 millions d'euros net. Il chiffre le préjudice commercial à 98,8 millions d’euros minimum.

La plainte sera examinée le 25 janvier au Tribunal de Commerce de Paris.