7.500 suppressions d’emploi chez Renault: «On paie la mauvaise performance de nos patrons»

AUTOMOBILE Les salariés du constructeur ont la gueule de bois...

M.B. avec AFP

— 

Des salariés du technocentre de Renault à Guyancourt, dont une majorité de cadres qui travaillent sur la conception des voitures, critiquaient mercredi la "mauvaise performance" des patrons, au lendemain de l'annonce de 7.500 suppressions de postes.
Des salariés du technocentre de Renault à Guyancourt, dont une majorité de cadres qui travaillent sur la conception des voitures, critiquaient mercredi la "mauvaise performance" des patrons, au lendemain de l'annonce de 7.500 suppressions de postes. — Christophe Simon afp.com

Réveil douloureux pour les salariés de Renault après l’annonce mardi par le constructeur de 7.500 suppressions d’emplois d’ici 2016 en France, soit 14% des ses effectifs.

A l’appel de la CGT, en Seine-Maritime, à Cléon, principal site mécanique de Renault, 162 salariés ont débrayé dans la matinée tandis qu'à Sandouville, où est installée une usine de carrosserie montage, les débrayages ont concerné 153 personnes. Les équipes de l'après-midi devraient débrayer également.

Une action de même type est prévue au Mans (Sarthe) dans la journée, tandis qu'à Renault Lardy (Essonne), les salariés sont appelés à observer une grève d'une heure jeudi dans la matinée, à l'appel de la CGT et de FO, ont indiqué les représentants de ces syndicats. Selon eux, ce site d'ingénierie qui emploie 1.400 salariés devrait être concerné par les suppressions d'emplois à hauteur d'environ 20%.

«Nos véhicules ne sont pas au niveau»

Au technocentre de Renault à Guyancourt(Yvelines), la colère monte.  «On paie la mauvaise performance de nos patrons», peste un salarié du technocentre de Renault à Guyancourt sous couvert d'anonymat. «Il y a un problème de compétitivité chez Renault comme chez Peugeot alors que Volkswagen marche très bien. Nos véhicules ne sont pas au niveau».

«J'ai appris ça ce matin, je suis un peu surpris», témoigne José, qui ne souhaite pas donner son nom de famille. «Je ne pensais pas qu'il y aurait 7.500 suppressions de postes, ça paraît énorme. C'est un peu brutal». «7.500 suppressions, c'est l'usine de Flins plus la moitié de l'usine de Sandouville», relève Didier Bouquet, délégué syndical CFDT.

Manipulation

Pour Christophe Delaine, délégué syndical Sud, cette annonce relève de la «manipulation» alors qu'un accord est en discussion entre l'entreprise et les syndicats: «Cette annonce est faite pour créer un choc chez les salariés en leur disant Renault va très mal, et mettre la pression sur les syndicats, pour les forcer à signer l'accord». Dès le début des négociations, en novembre alors qu'un accord sur la compétitivité était signé en Espagne, la direction avait mis la pression sur les syndicats: pas de fermeture de site si un accord était trouvé avec eux.

Depuis, la direction déroule ses propositions (alignement du temps de travail pour tous les sites, mobilité obligatoire, «mutualisation» d'activités), tout en évoquant la possible venue de partenaires, comme Nissan et Daimler, dans des usines françaises.

«On nous demande de signer un accord sans savoir la stratégie de l'entreprise», a regretté Didier Bouquet. Christophe Delaine prévoit de proposer «des actions» aux salariés mais au technocentre, «ce n'est pas une population qui manifeste sa révolte. Soit ils se taisent, soit ils démissionnent».