Renault veut dégraisser

AUTOMOBILE Quelque 7.500 emplois seront supprimés à l'horizon 2016...

Mathieu Bruckmüller

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M. LIBERT / 20 MINUTES

Nouvelle douche froide. Après les 8 000 suppressions d'emplois de PSA, Renault entend réduire son effectif de 7.500 personnes d'ici à 2016 en France. Le groupe, qui a engagé cet automne des négociations avec les syndicats pour rapprocher la compétitivité de ses usines françaises de celle de ses sites espagnols, n'en avait pas jusqu'ici chiffré les retombées en termes d'emploi. Si un accord était trouvé, d'ici à la fin du mois espère la direction, il n'y aurait ni plan social, ni fermeture de sites

Une économie de 400 millions

Et Renault mise d'abord sur 5.700 départs naturels. Les 1.800 autres se feront via des départs de salariés de 58 ans et plus, qui le souhaitent, avec 75% de leur salaire. La baisse de 14% de ses effectifs, qui représentent aujourd'hui 44.642 employés en France, contribuerait à une économie sur les frais fixes de l'ordre de 400 millions d'euros. «C'est une nouvelle saignée dans les effectifs, qui va encore affaiblir Renault au cours des prochaines années», a réagi Fabien Gache, représentant de la CGT. Mais l'ampleur de l'annonce ne surprend pas Bertrand Rakoto, analyste automobile. Contrairement à de nombreux constructeurs, comme GM, Ford ou encore Chrysler, depuis la crise de 2008, Renault avait cherché à préserver l'emploi. Face à la détérioration du marché, il ne pouvait donc plus tenir. En 2012, les ventes du groupe ont chuté de 19,8% dans l'Hexagone et sa part de marché est passée de 26,1% à 24,15%.