Epargne: Le taux du Livret A ramené à 1,75% dès le 1er février

EPARGNE Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici l'a confirmé ce mardi...

M.B.

— 

Un Livret A.
Un Livret A. — APESTEGUY/SIPA

C'est confirmé. Le taux du livret A passera de 2,25% à 1,75% le 1er février, a confirmé mardi le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici, sur RTL.  Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer avait proposé lundi de ramener à 1,75% le taux du livret A et du Livret de développement durable (LDD), soit une baisse de 0,5 point qui ne reflète qu'en partie le ralentissement de l'inflation.


Pierre Moscovici : "Le taux du livret A passera... par rtl-fr

Le gouvernement a donc choisie la voie du milieu. En effet, l’inflation, qui sert de base de calcul, a atteint 1,3% en 2012 d’après les chiffres publiés vendredi par l’Insee. Alors que certains plaidaient pour une coupe franche d’un point, à 1,25%, Pierre Moscovici, pour éviter de braquer les Français dont le niveau de vie est malmené par la crise, a décidé de les ménager. Dans tous les cas, le statu quo était impossible.  «Le risque, c'est le maintien d'un taux qui coûte cher à tout le monde, sauf aux épargnants qui ont de l'argent sur le livret A», explique Cyril Blesson, associé du cabinet Pair Conseil.

Ne pas pénaliser le logement social

En effet, le maintien d'un livret A nettement au-dessus de l'inflation est préjudiciable au financement du logement social, dont il est la principale ressource, au moment où les taux de marché sont à des niveaux historiquement bas. En effet, la moitié des encours du livret A (242 milliards d’euros), gérés par la Caisse des dépôts y sont affectés.

Et le maintien d’un taux à 2,25% aurait surtout été une aubaine pour les plus aisés, et notamment les 5 millions de comptes sur les 60 millions de livrets qui atteignaient la limite initiale de 15.300 euros. Avec les relèvements successifs du plafond, il est désormais possible de placer jusqu’à 22.950 euros, soit près de 100.000 euros pour une famille avec deux enfants, à un taux qui concurrence dangereusement l’assurance-vie. En effet, le livret A et ses intérêts ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. En résumé, une niche fiscale qui ne dit pas son nom.

Faire consommer plus

De plus, ces sommes ne sont pas directement réinvesties dans l’économie réelle, déplore Philippe Crevel. Contrairement aux actions ou aux obligations, notamment via l’assurance-vie, qui permettent de financer les entreprises. Dernier argument qui plaidait pour une baisse du taux du livret A: la consommation, le seul moteur d’une économie chancelante. En effet, le taux d’épargne des Français dépasse toujours les 16%. En diminuant l’attrait du placement préféré des Français, le gouvernement fait aussi le pari qu’ils vont acheter plus pour relancer l’activité.

Le taux du livret A pourrait même diminuer encore un peu plus à l'avenir. D'après Christian Noyer, si l'inflation se maintenait aux bas niveaux actuels, une nouvelle baisse du taux du placement préféré des Français interviendrait lors de la prochaine révision, prévue à la mi-juillet. Elle «permettrait de tirer plus pleinement dans notre pays les bénéfices de la baisse des taux initiée par la BCE, en faveur du retour de la croissance et de la création d'emplois». Avec 61,6 millions de titulaires à fin 2011 et un encours (à fin novembre 2012) de 242 milliards d'euros, le livret A est le produit d'épargne le plus répandu en France.