Fraude à la carte bancaire: L’UFC-Que Choisir demande des actions

C.B.
— 
Illustration du piratage des cartes bleue Visa et autres sur internet. 
Illustration du piratage des cartes bleue Visa et autres sur internet.  — MEIGNEUX/SIPA

Les arnaques ne connaissent pas la crise. Notamment les débits bancaires frauduleux. En 2011, 650.000 personnes en ont été victimes, contre 500.000 un an plus tôt. C’est ce que révèle une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), réalisée en partenariat avec l’Insee.

Internet devient plus que jamais le territoire de prédilection des escrocs. Plus de la moitié des victimes (52%) affirment que le débit le plus récent les visant «a été effectué dans un commerce en ligne». Viennent ensuite les achats dans un commerce traditionnel (13%), le retrait à un distributeur automatique (13%) ou encore les opérations de type rechargement de téléphone mobile (13%). Le virement bancaire représente seulement 7% des opérations frauduleuses.

>> J'ai testé pour vous: Se faire pirater son compte bancaire

Des retraits frauduleux, souvent de 300 à 1.000 euros

Côté montants, la majorité des transactions frauduleuses (29%) porte sur des sommes allant de 300 à 1.000 euros. Juste devant les opérations à moins de 100 euros (27%). Les débits frauduleux supérieurs à 1.000 sont moins fréquents (19%). Ces résultats suscitent l’indignation de l’UFC-Que Choisir: «A l’heure du développement du commerce en ligne, nous pressons les parlementaires à prendre les mesures nécessaires pour que les paiements à distance soient enfin sécurisés».

Dans son étude de février 2012, l’UFC-Que Choisir dénonçait l’ampleur de la fraude sur les paiements en ligne, fraude jusqu’à 113 fois plus élevée que sur les paiements de proximité. Pour l’association, «les professionnels n’ont pas pris la mesure du problème de la fraude, et les données sont accablantes » puisque quatre fraudes sur cinq ne sont pas détectées par les banques.

«Si le remboursement des fraudes par les banques s’améliore –même si 44% des consommateurs continuent à porter plainte alors que cette étape n’est pas nécessaire au remboursement–  beaucoup reste à faire sur la surveillance des comptes: dans 70% des cas ce sont les consommateurs qui ont détecté la fraude, les banques n’ayant prévenu les clients que dans 22% des cas», note l’UFC-Que Choisir.

>> Fraude à la carte bancaire sur internet: Les conseils de l'UFC-Que Choisir en vidéo

Les commerçants trop en retard dans la sécurisation

L’association dénonce enfin le retard pris par les commerçants français dans la sécurisation des achats: «L’équipement des commerçants français en 3D Secure ne progresse que trop lentement: 24% des transactions en fin 2012, contre 15% en 2010. Certes, 50% des commerçants l’ont adopté mais il ne s’agit pas des principaux acteurs: la plupart des grands commerçants en ligne (Amazon, Fnac, Price Minister par exemple) préfèrent toujours, au détriment de leurs clients, laisser passer la fraude plutôt que de risquer d’ajouter une étape à la vente».

Pour l’UFC-Que Choisir, les pouvoirs publics doivent imposer, dans le cadre de la loi de régulation des activités bancaires, l’adoption obligatoire du 3D Secure pour les commerçants, l’envoi systématique, par les banques, de confirmations de paiement sur internet via les espaces personnels des sites bancaires et par SMS ou email et enfin, la déclaration aux clients par tout professionnel stockant des données de cartes bancaires de toute attaque de serveurs et/ou des vols de données personnelles, bancaires ou de cartes bancaires.