Virgin baissele store

Hélène Colau

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Nulle agitation, ce mardi, dans les rayons du Virgin Mégastore des Champs-Elysées, à Paris. Les employés prodiguent des conseils aux clients comme si de rien n'était. Et pourtant, la nouvelle vient de tomber : Virgin doit déposer le bilan ce mercredi (lire ci-dessous). L'enseigne accumule 22 millions de dettes et n'a pas payé le loyer du magasin des Champs depuis trois mois.

Les salariés résignés


Ce dépôt de bilan sonne comme une condamnation à mort pour les 26 magasins français. L'immense navire amiral, implanté sur la célèbre avenue depuis 1988, n'échappera pas au naufrage. Ce flamboyant magasin de quatre étages était vite devenu le repaire des fanas de musique parisiens et ambitionnait même de concurrencer la Fnac. « Virgin, c'était un symbole, le dernier grand magasin culturel sur les Champs, avec plus de choix que la Fnac, rappelle un employé. Les gens venaient pour l'ambiance : un rasta s'occupait du reggae, un rockeur du rock… » Une particularité appréciée des clients. Ils sont nombreux à avoir signé une pétition pour sauver ce magasin, comme Pierre-Alexandre. « Je viens ici depuis que j'ai 5 ou 6 ans, assure-t-il. Pour moi, ce Virgin, il était intouchable. Je suis dégoûté. »

En attendant d'en savoir plus, le travail continue, mais on sent une grande résignation chez les salariés. « Il n'y aura pas de repreneur, c'est sûr que le magasin va fermer, lâche une vendeuse. On n'est pas surpris car il y avait des rumeurs depuis l'été dernier. Des responsables ont mis les voiles, ça ne trompe pas ! De toute façon, disquaire, c'est un métier qui va disparaître. » Pour expliquer la chute de Virgin, les salariés évoquent la crise du disque, mais aussi « une mauvaise gestion de l'actionnaire [Butler Capital Partners], qui n'a pas su faire les bons investissements ». Mardi, l'intersyndicale (CFTC, CGT, SUD, CGC et FO) a appelé à la grève pour ce mercredi. Un rassemblement est prévu à 13 h devant le magasin des Champs-Elysées. ■