Virgin Megastore a-t-il encore un avenir en France?

DISTRIBUTION L'enseigne pourrait disparaître définitivement de notre sol...

Bertrand de Volontat et sur place Hélène Collau

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Vue de la facade du Virgin Megastore des Champs-Elysées (Paris), le jour  de l'annonce du dépot de bilan auprès du tribunal de commerce de Paris  par la direction, le 8 décembre 2013.
Vue de la facade du Virgin Megastore des Champs-Elysées (Paris), le jour de l'annonce du dépot de bilan auprès du tribunal de commerce de Paris par la direction, le 8 décembre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une très mauvaise nouvelle alors que le chômage bat des records. La direction de la chaîne de produits culturels, Virgin Stores, société contrôlée depuis 2008 par Butler Capital Partners, qui se débat face à de lourdes difficultés financières depuis quatre ans, (quatre magasins fermés et deux cents postes déjà supprimés), a annoncé mardi qu'elle déposera son bilan dès mercredi. Une information qui confirme celle dévoilée plus tôt ce matin par les syndicats à l'issue du comité d'entreprise extraordinaire qui s’est tenu ce mardi. Et le propriétaire ne restera pas dans le coeur de ses futurs ex-salariés. « Ce sont les plus mauvais investisseurs du monde: ils ont déjà fait couler le PSG».

Le sort des 1.200 employés répartis dans les 26 magasins de l’Hexagone appartient désormais à l’éventuel repreneur qui rachèterait l’enseigne à la barre du tribunal de commerce.

Et ces salariés paraissent d'ores et déjà défaits. «Virgin, c’était un symbole, le dernier grand magasin culturel sur les Champs-Elysées, avec plus de choix que la Fnac, rappelle un employé. Les gens venaient pour l’ambiance : un rasta s’occupait du reggae, un rockeur du rock…». Mais à plusieurs millions d'euros de loyer, le Virgin Megastore de «la plus belle avenue du monde» est devenu le véritable symbole de la crise financière qui touche l'enseigne en France.

Pour Virgin, il est trop tard

En l’absence de candidat, Virgin Megastore risque la liquidation pure et simple, c'est-à-dire la disparition de l'entreprise, et suivrait ainsi le destin malheureux de sa sœur britannique. «Il n’y aura pas de repreneur, c’est sûr que le magasin va fermer, lâche une vendeuse. On n’est pas surpris car il y avait des rumeurs depuis l’été dernier. Des responsables ont mis les voiles, ça ne trompe pas ! De toute façon, disquaire, c’est un métier qui va disparaître.»

Victime de l’érosion culturelle des marchés du disque et du DVD, et de la concurrence des grands acteurs du Web, comme Amazon ou Apple, Virgin Megastore a-t-il encore un avenir sur notre sol? «Il est trop tard, affirme Philippe Mouati, de l’Obsoco, l'observatoire société et consommation. Virgin aurait dû développer un réseau de petits magasins, s’implanter en périphérie et se lancer de manière volontariste dans le e-commerce.»

Seul un repreneur «kamikaze» ou qui ferait de la marque «tout autre chose» semble envisageable. «La Fnac? Pas absurde, mais ils n’y ont pas grand intérêt, conclut-il. Elle va déjà récupérer naturellement les clients et les contrats de Virgin en France.»