Immobilier: La Fnaim voit l'année 2013 en noir

CRISE La Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) a présenté mardi matin son bilan de l'année écoulée et ses prévisions pour 2013...

Claire Planchard

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Selon la Fnaim, 10.000 postes d'agents immobiliers ont été perdus en 2012.
Selon la Fnaim, 10.000 postes d'agents immobiliers ont été perdus en 2012. — 20 MINUTES/SIPA

On se souvient de 2008 et de la «crise des subprimes». 2012 restera celle de la «crise de confiance», pour Jean-François Buet, le président de la Fnaim, la fédération professionnelle qui regroupe près de 11.500 agences immobilières.

Une activité en chute de près de 20%

Le contexte est certes très différent: alors que les taux d’intérêt avaient atteint des sommets en 2008-2009, ils sont aujourd’hui à un plus bas historique. Et les prix de l’immobilier ancien qui avaient doublé entre 1997 et 2007, sont revenus à des rythmes moyens d’évolution quasi stabilisés ces dernières années ( 0,1% en moyenne annuelle entre 2007 et 2012, selon la Fnaim). Pourtant  la dégringolade observée l’an passé rappelle aux professionnels du secteur les pires souvenirs du krach immobilier, avec une perte de 150.000 transactions en un an, soit une chute de 18,6% de leur activité.

«On n’est pas dans une bulle spéculative mais dans une crise de confiance qui génère un très grand attentisme», analyse Jean-François Buet. Des clients qui reportent leurs décision d’achat à plus tard», «des conditions d’obtention des crédits immobiliers difficiles», «des prix perçus comme trop élévés», «la dégradation de l’emploi» et «la réforme de la taxation sur les plus values» figurent ainsi en tête des motifs avancés par la majorité des professionnels pour expliquer ce blocage ,selon un sondage Ifop-Fnaim présenté mardi par la Fédération.

10.000 suppressions d’emploi

Face à cet effondrement des ventes, la profession a encaissé le choc l’an dernier. Selon la Fnaim, le secteur a enregistré, en 2012, 10.000 pertes d’emploi sur les 80.000  que comptent les métiers de la transaction immobilière et la fermeture de quelque 3.000 agences. En outre, 200 procédures collectives de licenciement seraient en cours. Et l’année à venir s’annonce à peine meilleure.

«En termes d’activité, le premier semestre 2013 risque fort de ressembler au deuxième semestre 2012 et, sauf événement extérieur majeur, on devrait rester sur des volumes d’activité équivalents, avec une chute des transactions comprise entre -8,5% et 0% sur l’ensemble de l’année et une baisse des prix contenue entre -2% et 0%»,  estime la Fnaim. Du coup, la profession s’attend à une nouvelle année difficile sur le front de l’emploi: «Des agences vont fermer, d’autres vont réduire la voilure tandis que d’autres vont commencer à embaucher pour préparer la reprise», pronostique Jean-François Huet, qui espère toutefois que les destructions d’emploi seront plus limitées que l’an dernier.