Immobilier: Vers une faible baisse des prix pour l'année 2013

PREVISIONS Le réseau Century 21 a lancé lundi le marathon des conférences de rentrée des acteurs du marché...

Claire Planchard

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Appartement à vendre à Nantes en octobre 2011.
Appartement à vendre à Nantes en octobre 2011. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

«La hausse des prix de l’immobilier est définitivement derrière nous », a lancé lundi Laurent Vimont, le président du réseau immobilier Century 21, qui compte environ 900 agences en France. Selon lui, «tous les leviers permettant des hausses de prix ont déjà été activés depuis trente ans»: conditions d’accès plus faciles aux prêts immobilier, taux d’intérêt plus faibles, allongement des durées d’emprunt…

La baisse des taux, soutien aux prix

Pour autant, le réseau ne s’attend pas à une baisse spectaculaire des prix l’an prochain. «En 2013, la vraie variable d’ajustement ce seront les taux d’intérêt», estime Laurent Vimont. «Si les taux d’intérêt ne bougent pas, le marché corrigera encore faiblement ses prix en 2013 et les volumes de ventes continueront à chuter», estime-t-il.

En effet, selon Century 21, c’est la baisse des taux en 2012 qui a notamment permis aux prix de peu baisser: elle a permis de solvabiliser un plus grand nombre d’acquéreurs et de les rendre virtuellement plus riches, leur capacité d’emprunt pour un montant de mensualité identique étant mécaniquement accrue par la baisse du coût de l’emprunt.

Un marché surévalué

«En revanche, si les taux augmentent, il faut s’attendre à un décrochage des volumes de vente d’environ 15% suivi d’un décrochage des prix dans les mêmes proportions que la hausse de taux, soit environ 10% de baisse de prix pour un point de hausse de taux », estime le président du groupe immobilier.

Au final, pour Century 21, «seul un changement du comportement des clients» pourrait dégripper le marché. En clair: que les vendeurs cessent de s’accrocher à leur prix de vente et consentent à les baisser de 5 à 10% pour s’aligner sur le marché.

L’âge d’or où les erreurs de surévaluation des prix à la mise en vente étaient rattrapées en six mois par la flambée des prix du marché semble bel et bien révolu. Aujourd’hui, un bien mis en vente trop cher ne se vend pas. «On est passé de la fièvre d’achat à un marché de raison où les acquéreurs ne sont plus prêts à acheter à n’importe quel prix même s’ils en ont les moyens: avec des stocks de mandats qui sont passés de 50.000 à 75.000 entre début 2012 et début 2013, l’acquéreur peut aujourd’hui comparer, choisir et prendre son temps», explique Laurent Vimont. La vraie question de ce début d’année est donc pour lui: «Qui va faire le premier pas?»