L'auto-partage, un service qui commence à carburer

Céline Boff

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Une automobiliste utilise l'une des voitures du spécialiste de l'auto-partage Zipcar.
Une automobiliste utilise l'une des voitures du spécialiste de l'auto-partage Zipcar. — SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

C’est un virage révélateur. Mercredi, le groupe américain de location automobile Avis Budget a annoncé le rachat de Zipcar pour environ 500 millions de dollars, soit 377 millions d'euros. Zipcar, ce nom ne vous dit rien? Il s’agit pourtant du numéro 1 mondial de l’auto-partage. Avec ce rachat qui devrait être effectif au printemps 2013, Avis Budget compte prendre pied sur ce marché en très forte croissance aux Etats-Unis.

L’auto-partage, c’est quoi?

L'auto-partage permet aux automobilistes d'accéder à une voiture en libre-service 24h/24 et 7j/7 pour des usages occasionnels et de courte durée, de 1 heure jusqu’à 1 ou 2 jours.

Ce service, généralement accessible sur abonnement, vise à se substituer à la possession d'une voiture. Les utilisateurs sont facturés à l’usage: nombre d’heures utilisées et kilomètres parcourus. En outre, l’automobiliste n’a plus besoin de trouver une place où se garer (elles sont réservées) et n’a pas à assumer les contraintes d'entretien et d'assurance.

Le service d’auto-partage peut être proposé par une société, une coopérative ou encore une association qui achètent des véhicules et les mettent en location, mais aussi par des particuliers, qui louent leurs propres véhicules à d’autres particuliers.

L’auto-partage, c’est l’avenir?

Les véhicules en libre-service représentent un marché de 400 millions de dollars aux Etats-Unis. Le leader mondial Zipcar, qui est présent dans ce pays mais aussi au Canada et en Europe, revendique 760.000 membres.  L'auto-partage s’inscrit dans une nouvelle façon de consommer: la consommation collaborative, qui fait la part belle à l’usage plus qu’à la propriété. Une tendance qui s’enracine.

L’auto-partage, ça peut marcher en France?

Ca marche déjà. Aujourd’hui, une cinquantaine de villes proposent un service d’auto-partage. Par exemple à Bordeaux (AutoCool), à Lille (Lilas), à Lyon (Autolib', Car2go) ou encore à Marseille (AutoPartage Provence). Ces entreprises d'auto-partage sont réunies au sein du réseau coopératif France-Autopartage. Son objectif: faciliter la mise en place de services d'auto-partage en France, et particulièrement dans toutes les agglomérations de plus de 100.000 habitants disposant d'un réseau de transport public.

Ce réseau regroupe aujourd’hui 14 opérateurs locaux d'auto-partage qui permettent à plus de 12.000 adhérents de se partager l'usage de 550 voitures réparties sur 280 stations.

A Paris, l’auto-partage a depuis 2007 son label (autopartage Paris), qui a déjà été décroché par cinq sociétés: Caisse Commune, Carbox, ConnectbyHertz, Mobizen et Okigo. Sans compter Autolib, service d’auto-partage de véhicules électriques exploité par Bolloré. Autolib, qui disposait début décembre 2012 de 47.000 abonnés, devrait atteindre l’équilibre financier dès 2014.

Depuis 2011, l'auto-partage privé, c’est-à-dire la location entre particuliers, s'est également largement développé. Quasi-inexistante il y a deux ans, cette offre se structure en France qui serait même, selon une étude de deux étudiants suédois, le pays européen plus perméable à cette pratique. L’auto-partage entre particuliers reste toutefois anecdotique: cette pratique représente moins de 3.000 locations par mois. Mais neuf sites Internet se sont déjà spécialisés sur ce créneau, parmi lesquels Voiturelib, Livop ou encore Citizencar.