Propriétaire bailleur, qui êtes-vous?

IMMOBILIER Le Groupe De Particulier à Particulier publie jeudi la sixième édition de son enquête sur le profil du bailleur privé français...

Claire Planchard

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Petites annonces de locations immobilières.
Petites annonces de locations immobilières. — A. GELEBART/20 MINUTES/SIPA

Un homme (61%) marié (79%), cadre du privé ou du public (45%) ou retraité (24%), âgé entre 40 et 70 ans (70%), qui a investi dans le but de louer, et entend en tirer un complément de revenus ou préparer sa retraite. Voilà le profil type de propriétaire bailleur en 2012, selon la dernière édition de l’enquête réalisée tous les deux ans par PAP.*

Les cadres en force

Un portrait robot somme toute classique, mais qui marque une nette évolution socioprofessionnelle par rapport à la première édition de l’enquête réalisée en 2002: à l’époque, les cadres ne représentaient en effet que 20% d’entre eux, une proportion qui a plus que doublé en dix ans, sous l’effet conjoint du développement des offres de dispositifs d’investissement locatif défiscalisés mais aussi d’une préoccupation accrue sur l’avenir de notre système de retraites.

 

Au total, «ces bailleurs privés représentent 53% des 10 millions de logements que compte le secteur locatif et logent 22%de la population française», précise le groupe.

Les jeunes salariés plébiscités

 Sans surprise, le profil de leur locataire idéal est lui diamétralement opposé: ce que le bailleur privé plébiscite, c’est le jeune salarié ou étudiant âgé de 16 à 35 ans (55%). Le premier a en effet l’avantage de représenter des garanties plus fiable que les indépendants ou professions libérales, tandis que les seconds pourront bénéficier de la caution de leurs parents. A l’inverse, ils ne sont que 6% à vouloir un retraité comme locataire.

Flambée des loyers oblige, depuis dix ans les propriétaires bailleurs ont dû revoir leur prétentions à la baisse en termes d’exigences de revenus: «ils sont aujourd’hui 76% à se contenter d’un revenu présentant trois fois le montant du loyer, alors qu’ils n’étaient que 51% à le faire en 2002», note PAP. En comparaison, ils ne sont plus que 17,3% à vouloir que le locataire gagne quatre fois le montant du loyer, contre 41% il y a dix ans. Ils sont tout de même 52% à avouer vérifier l’authenticité des justificatifs exigés.

Un locataire «surprotégé»

En matière de relation, locataire/bailleur, le tableau est loin d’être rose, 43% des bailleurs avouant avoir rencontré des litiges avec leurs locataires. «Ces litiges concernent essentiellement les impayés de loyers (80% des cas), dont la part dans le nombre total de conflits augmente d’année en année», souligne PAP. Au final, 40% de ces conflits auraient même fini devant la justice.

Pour 72% de ces propriétaires, le locataire reste en effet surprotégé par la loi en France. Dans ce contexte, bon nombre n’hésitent pas à contourner la règlementation. Et en premier lieu le nouvel encadrement des loyers entré en vigueur le 1er août dernier: 18% déclarent que, si leur bien était concerné, ils ne respecteraient par cette règle! «La question est assez sensible puisqu’ils sont également 43% à se déclarer prêts à passer de la location vide à la location meublée pour ne plus être concernés par cette mesure», note PAP.

*Un questionnaire de 53 questions a été mis à disposition sur les sites Internet du Groupe PAP du 6 au 19 novembre 2012. Il a  également été envoyé par mail à l’adresse des bailleurs ayant récemment passé une annonce sur les supports du Groupe PAP. Le questionnaire a été rempli par 5 408 bailleurs.