Pourquoi les Français n'achètent plus de voitures neuves

DECRYPTAGE Avec une chute de 13,9% en 2012, les immatriculations de véhicules neufs par les particuliers ont atteint l'an dernier leur plus bas niveau depuis quinze ans en France...

Claire Planchard

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Un couple regarde l'intérieur d'une automobile chez un concessionnaire Renault.
Un couple regarde l'intérieur d'une automobile chez un concessionnaire Renault. — MYCHELE DANIAU / AFP

Trop chères voitures? En 2012, le marché auto a subi de plein fouet les restrictions de pouvoir d’achat des Français. «Il y a plusieurs raisons à cet effondrement des ventes mais la première d’entre elles est conjoncturelle», résume Flavien Neuvy, responsable de l’Observatoire Cetelem de l’automobile. «Elle est liée au contexte économique difficile avec en toile de fond la montée du chômage qui inquiète les ménages et qui ne favorise pas un achat aussi impliquant d’un point de vue financier que l’achat d’une voiture neuve à 10.000 ou 20.000 euros», poursuit-il.

Un marché vieillissant

Dans ce contexte, l’âge moyen de l’acheteur français d’une voiture neuve ne fait que grimper (51,5 ans aujourd’hui). A l’inverse, les jeunes, eux, plébiscitent le marché de l’occasion, qui affichait fin novembre des ventes relativement stables par rapport à 2011… et 2,83 plus élevées que celles des voitures neuves.

Quand aux propriétaires de voitures neuves, ils reportent davantage le renouvellement de leur véhicule. C’est là le second facteur plus «structurel» de cet effondrement des ventes.  «Les Français gardent aujourd’hui leur voiture de plus en plus longtemps car ils roulent de moins en moins, avec en moyenne 12.000 km par an», explique Flavien Neuvy. Des modèles de plus en fiables et un pouvoir d’achat sous tension contribuent aussi à faire grimper la durée de détention des véhicules, portant l’âge moyen du parc automobile français à 8,5 ans.

Un attachement marqué à la propriété

Dans ce contexte de crise, le coût de la propriété d’un véhicule (achat, assurance, carburant, entretien) est aussi de plus en plus mis en question. Selon un sondage réalisé en novembre par BVA et Alphabet, un automobiliste sur 5 juge le coût annuel de son véhicule vraiment excessif. Pour près de 7 utilisateurs et propriétaires de voiture sur 10, il s’agit d’ailleurs du premier poste de dépense qu’ils souhaiteraient pouvoir réduire. Une tendance encore plus forte chez les 18-34 ans (86%).

Des solutions alternatives de transport quotidien comme le covoiturage ou la location longue durée d’un véhicule font ainsi timidement leur apparition. «C’est un phénomène encore très embryonnaire car les Français restent très attachés à la propriété de leur véhicule: ils ne sont pas encore prêts à consommer de l’automobile comme de la téléphonie mobile ou même leur logement», observe Flavien Neuvy,  alors même que, contrairement au bien immobilier, chaque jour qui passe leur voiture perd de la valeur.»