Alcatel-Lucent sort du CAC 40: Pourquoi la composition de l’indice phare fait polémique

BOURSE L’équipementier est remplacé par le fabricant de puces Gemalto...

M.B.

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Un trader à la Bourse de Paris.
Un trader à la Bourse de Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

C’est la dernière illustration d’une nouvelle année noire pour Alcatel-Lucent. Le titre de l'équipementier télécoms quitte officiellement ce lundi la composition du CAC 40  pour rejoindre le Next-20, l'anti-chambre de l’indice phare.

20.000 postes disparus depuis 2006

Après avoir abandonné son objectif de rentabilité pour 2012, il a annoncé cet automne la suppression de 5.000 postes, dont 1.430 en France, sur 76.000 dans le monde pour remonter la pente et retrouver la confiance des marchés. Selon les syndicats, 20.000 postes ont disparu depuis 2006 à l’occasion de la fusion entre Alcatel et Lucent. Malgré tout, depuis janvier, la valeur de l’action a fondu de 15% et même 80% depuis cinq ans. Résultat: le fabricant de cartes à puces français Gemalto prend sa place au sein de l’indice phare. Son titre a bondi de 84,5% cette année et même de 230% depuis 2007!

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Du fait de cette décision, annoncée le 7 décembre, le titre d'Alcatel-Lucent pourrait de nouveau être sous pression dans les prochains jours, puisque de nombreux gérants pratiquent une gestion «indicielle» c'est-à-dire qu'ils achètent automatiquement l'ensemble des titres du CAC 40.

Or, la décision de faire entrer et de sortir un titre de l’indice a récemment fait polémique, suite à la démission de Noël Amenc, professeur de finance à l'Ecole des hautes études commerciales (Edhec),  un des sept membres du conseil scientifique des indices de NYSE-Euronext en charge de la composition du CAC 40. Il a claqué la porte après l’entrée du chimiste belge Solvay le 7 septembre à la place de Peugeot.

«Souci sur la nationalité des titres»

«J'étais contre, a indiqué au Monde Noël Amenc. Il y a un vrai souci sur la nationalité des titres. Les membres du Conseil exercent un pouvoir discrétionnaire». Selon lui, dans le cas de Solvay, «l'essentiel du volume échangé est à Bruxelles, le suivi de la valeur par les analystes se fait à Bruxelles, le groupe fait partie de l'indice-phare de la Bourse belge [BEL-20]. Il n'y a aucune raison de considérer que ce titre est français». Entre les lignes, il reproche à l’opérateur boursier, qui vient d’être racheté par l’américain Intercontinental Exchange pour 6,2 milliards d’euros, de favoriser plus grosses capitalisations car elles entraînent plus de volumes d’échanges et donc, en bout de ligne, plus de revenus.

Si comme l’explique le quotidien, «deux critères prévalent pour faire partie du CAC 40: la valeur du capital réellement coté de l'entreprise (le flottant) et le nombre d'actions échangées», s'y ajoute une notion, plus floue, d'emprise économique de la société comme son implantation en France, son histoire.

>> CAC 40 : Comment on rentre, comment on sort?

Le conseil scientifique qui se réunit au moins quatre fois par an, est en théorie indépendant de l’opérateur boursier. Le départ de Noël Amenc a lancé la controverse.