BIC perd sa bataille contre les briquets chinois

CONCURRENCE Bruxelles a officialisé mercredi la disparition de la taxe anti-dumping sur les briquets en provenance de Chine et de Taïwan...

Claire Planchard

— 

Publicité pour des briquets BIC sur le thème du «Made in France».
Publicité pour des briquets BIC sur le thème du «Made in France». — BIC

C’est fini. Jeudi à 00h01, la taxe européenne anti-dumping sur les briquets chinois aura vécu. L’avis défavorable à son renouvellement rendu le 27 novembre dernier par Commission européenne a été publié mercredi matin au Journal officiel de l’UE.

Le lobbying intense du groupe français BIC, principal producteur de briquets en Europe, n’y a rien fait. «Après un examen approfondi de la demande de réexamen par BIC, et en accord avec le droit de l'Union européenne et de l'OMC, la Commission européenne a décidé que les conditions ne sont pas remplies pour ouvrir un réexamen des mesures antidumping sur les briquets originaires de Chine», expliquait mercredi la représentation de la Commission européenne à Paris.

Mise en place en 1991, cette taxe d’un montant de 6,5 centimes d'euros se traduisait par le doublement du prix des briquets chinois. «Son non-renouvellement donne raison à ceux qui l’ont contournée de manière frauduleuse pendant plus de 20 ans et ne peut que favoriser les importateurs de briquets d’origine asiatique qui détiennent déjà plus de 70% en volume du marché européen», explique BIC dans un communiqué publié mercredi.

Un manque-à-gagner 100 à 150 millions de briquets par an en Europe

Contactée par 20 Minutes, la direction du groupe BIC n’a pas souhaité faire davantage de commentaires sur l’impact commercial et financier de cette mesure sur son activité. Mi-novembre, Bruno Bich, le président du conseil d'administration de BIC, évoquait un manque-à-gagner 100 à 150 millions de briquets par an en Europe, si la taxe n'était pas maintenue.

Il menaçait par ailleurs de réexaminer des investissements de plusieurs dizaines de millions d'euros pour augmenter ses capacités de production, notamment sur son site de Redon en Bretagne, qui produit environ 650 millions de briquets par an, sur le milliard fabriqué par le groupe. «Si vous supprimez une opportunité de vente, ce n'est pas la peine de mettre un outil de production plus important» expliquait-il, assurant toutefois que l’emploi n’ était pas menacé.

L’impact sur la santé financière du groupe doit toutefois être relativisé selon les analystes. En effet, si 28% du chiffre d’affaires de BIC ont été générés en 2011par la vente de briquets, moins de 15% de cette part a été réalisée en Europe. «Dans le pire des cas, si Bic perdait 5 % de part de marché en Europe», «l'impact sur le BNPA [bénéfice net par action] devrait être limité à une fourchette allant de -1 à -1,5 % estime un analyste chez Natixis cité par Investir.