Surendettement: Le fichier de crédit du gouvernement est-il la bonne solution?

M.B.

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Declaration de surendettement.
Declaration de surendettement. — Credit:DURAND FLORENCE/SIPA

C’est l’une des mesures phares du plan contre la pauvreté présenté mardi par le Premier ministre. En plus, notamment, d’une hausse du RSA socle de 10% d’ici 2017, de la mise en place d’un contrat d’insertion pour les jeunes non qualifiés, le gouvernement veut enfin mettre sur pied un registre national des crédits aux particuliers pour remédier au surendettement qui touche 765 000 ménages, selon le dernier baromètre de la Banque de France. L’idée qui divise la classe politique et les associations depuis plus de vingt ans pourrait enfin voir le jour d’ici la fin du premier semestre 2013. En clair, un fichier recenserait l’ensemble des encours des 25 millions d’emprunteurs.

Mais d’ici là, ses opposants n’entendent pas désarmer. Sandrine Perrois de l'association CLCV (Consommation, Logement, Cadre de vie) est ainsi vent debout contre une initiative qui «n’est pas un remède» à l’excès d’emprunts. A ses yeux, le crédit n’est pas à l’origine du phénomène. Ce sont plutôt les accidents de la vie qui génèrent une baisse de ressources ou une augmentation des charges. Le crédit à la consommation est d’ailleurs mieux encadré depuis la Loi Lagarde de 2011. A l’instar d’autres organisations, la CLCV s’inquiète que les banques utilisent les données du registre pour faire du marketing. De plus, elle alerte déjà sur le «coût considérable» de sa mise en place. De 525 à 800 millions d’euros, selon un rapport de 2011 commandé par la précédente majorité.

«Une mauvaise réponse»

Pour la Fédération française bancaire (FBF), un tel fichier est «une mauvaise réponse». Et de citer le cas de la Belgique où il a été créé en 2003. «Sur la période 2004- 2009, le nombre de dossiers de surendettement a augmenté de + 90 %, quand il croissait de «seulement» 19 % en France (dont l’essentiel en 2009 en liaison avec la montée du chômage)», pointe la FBF.

A rebours de ces reproches, Pascal Beuvelet, fondateur du groupe In&Fi, un réseau de courtage de crédits, salue l’initiative de l’exécutif, une arme à même de réduire le surendettement. «Aujourd’hui, il est très facile de contracter plusieurs prêts de 5.000 euros sans justificatif ou presque. Or les banques ignorent les prêts accordés par d’autres établissements», illustre-t-il. La mise en place d’un fichier permettrait selon lui de limiter le risque pour les ménages d’entrer dans une spirale infernale.