Arnaud Montebourg dément vouloir nationaliser un site Rio Tinto

INDUSTRIE Selon «Le Monde», le cabinet du ministre du Redressement productif brandirait cette menace pour peser dans la cession de l'usine Rio Tinto Alcan de Saint-Jean-de-Maurienne (Isère)...

Claire Planchard (avec agences)

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Arnaud Montebourg lors de sa rencontre avec les syndicats de Rio Tinto, le 16 octobre 2012.
Arnaud Montebourg lors de sa rencontre avec les syndicats de Rio Tinto, le 16 octobre 2012. — ANTONIOL ANTOINE/SIPA

Lâché par Jean-Marc Ayrault dans son projet de nationalisation de Florange, Arnaud Montebourg aurait-il désarmé? Le quotidien «Le Monde» assure que non, dans son édition datée de jeudi.

Selon ses informations, son cabinet «utiliserait à nouveau cette arme de dissuasion massive» dans les négociations en cours avec Rio Tinto, «afin de l'obliger à céder dans des conditions acceptables» l’usine d'aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne (Isère), dont le groupe anglo-australien veut se désengager.

«Les conseillers de M. Montebourg sont d'autant plus motivés qu'un certain nombre de documents laisse penser que la nationalisation de Florange n'avait rien d'un projet illusoire, comme l'a sous-entendu le premier ministre Jean-Marc Ayrault pour justifier la signature d'un accord avec ArcelorMittal», explique Le Monde qui s’est procuré une copie d’une note de dix pages rédigée par la directrice des affaires juridiques de Bercy, révélée par  Le  Canard Enchaîné assurant que «l'appropriation par l'Etat du site industriel de Florange» était parfaitement possible sur le plan légal.

Cette stratégie a toutefois été démentie mercredi en début d’après midi par Arnaud Montebourg. Dans un communiqué, son ministère «dément les informations parues dans le quotidien Le Monde», et rappelle qu'il a engagé «une discussion stratégique avec Rio Tinto Alcan sur l'avenir de la filière aluminium en France, au moment où ce groupe a entamé un processus de cession de son usine de Saint-Jean-de-Maurienne». Il souligne qu'il sera «attentif à la qualité des projets de reprise, tant sur les plans industriel, financier, qu'en termes d'emploi».

Un PSE  «pas acceptable en l'état»

Arnaud Montebourg avait annoncé en octobre que le Fonds stratégique d'investissement (FSI) était impliqué dans la recherche d'une solution pour pérenniser l'activité industrielle à Saint-Jean-de-Maurienne, où Rio Tinto possède également un centre de recherche, et Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), autre site menacé de fermeture.

Depuis plusieurs mois, Rio Tinto Alcan (RTA) négocie un nouveau contrat d'électricité avec EDF pour l'alimentation de son usine savoyarde, le contrat actuel arrivant à échéance au printemps 2014. La fabrication d'aluminium est particulièrement consommatrice d'électricité et le groupe anglo-canadien a menacé de fermer l'usine s'il n'obtenait pas un prix satisfaisant et ne trouvait pas de repreneur.

Mi-octobre, le géant minier avait dit avoir reçu plusieurs marques d'intérêt de repreneurs et affirmé continuer les discussions avec EDF sur le contrat d'approvisionnement. RTA a également annoncé le 21 novembre dernier lors d'un comité central d'entreprise un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui pourrait concerner 148 postes  dans ce centre et dans deux autres sites français de Rio Tinto,, un plan qui n'était «pas acceptable en l'état», pour Arnaud Montebourg

Premier employeur de la région, l'usine d'aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne a un effectif de 400 salariés.