Marie-Arlette Carlotti: «Aider les jeunes à trouver un avenir»

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion
Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion — B. LANGLOIS / AFP

Chaque année, 140 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. Pour répondre à cette situation, le gouvernement a annoncé mardi, à l'issue de la Conférence nationale contre la pauvreté, la création dès 2013 d'un contrat d'insertion destiné aux jeunes non qualifiés. La ministre en charge de la lutte contre l'exclusion détaille la mesure pour 20 Minutes.

A qui s'adresse la « garantie jeunes » que vous proposerez en septembre?
A des jeunes de 18 à 25 ans en situation de décrochage. Ils signeront avec une mission locale un contrat d'un an renouvelable pour suivre une formation, s'engager dans un contrat d'avenir ou de génération… Pendant leurs périodes d'inactivité, ils toucheront une garantie de ressources équivalente au RSA (environ 450 euros par mois).

Les précédents dispositifs dédiés aux jeunes n'ont pas été très efficaces. Pourquoi celui-là le serait davantage?
Le contrat d'insertion dans la vie sociale (Civis), qui vise à conduire les jeunes en grande difficulté vers un emploi durable, existe depuis 2005 et ne fonctionne pas bien. Car l'accompagnement du jeune n'est pas suffisant et l'aide financière assortie au Civis est très peu élevée. Le nouveau dispositif mettra davantage l'accent sur le suivi personnalisé. Et comme il repose sur la politique du non-abandon, le jeune pourra renouveler son contrat annuel tant qu'il n'aura pas fini son parcours d'insertion.

Vous lancerez ce dispositif dans dix territoires pilotes en 2013 avant de l'étendre. Comment seront-ils choisis ?
Il s'agira de territoires comptant beaucoup de décrocheurs et de jeunes sans emploi. Je souhaiterais que Marseille y figure, par exemple.

Quel sera le coût de ce dispositif ?
En année pleine, il devrait coûter près de 500 millions d'euros.

Les associations avaient demandé un assouplissement de l'accès au RSA pour les moins de 25 ans, pourquoi ne l'avez-vous pas mis en œuvre?
Le RSA jeunes devait bénéficier à 130 000 personnes par an. Mais les verrous sont tellement importants que seuls 9 000 le touchent. Or, si nous avions décidé d'en assouplir l'accès, nous aurions encore laissé trop de jeunes, ne correspondant pas aux critères, sur le bord de la route. Nous avons préféré concentrer nos moyens sur la «garantie jeunes» qui en rythme de croisière permettra à 100 000 jeunes par an de trouver un avenir.