SFR est-il à vendre?

TELECOM L'opérateur détaille jeudi et vendredi son plan de réorganisation sur fond de rumeurs de cession...

Claire Planchard

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Devant une boutique SFR à Nice le 15 octobre 2012.
Devant une boutique SFR à Nice le 15 octobre 2012. — Eric Gaillard / Reuters

Alliance avec Numéricâble, Bouygues ou Free, rachat par un milliardaire égyptien... Les rumeurs vont bon train sur l’avenir de SFR depuis que son actionnaire Vivendi a annoncé en avril «une revue stratégique» de ses actifs, soulignant que la question du «périmètre de l’entreprise n’était pas  taboue».

Pour les analystes, il clair en effet que le groupe veut céder son activité télécom (SFR, mais aussi le brésilien GVT et Maroc Télécom) pour se recentrer sur ses activités dans les medias.

Du côté de Vivendi, on refuse de commenter ces rumeurs, sans pour autant fermer la porte. «En France, il est vrai que tout le monde parle avec tout le monde. Dans le contexte actuel de la téléphonie, avec un problème de compétitivité à maintenir, cela se comprend», expliquait mercredi un porte-parole.

Une restructuration pour «rendre la mariée plus belle»

Le PDG de SFR Stéphane Roussel a beau démentir tout projet de cession, l’annonce jeudi dernier d’une restructuration assortie de 856 départs volontaires, a renforcé chez les syndicats la crainte d’un lâchage imminent. «Ce plan n’est qu’une customisation pour vendre SFR le plus cher et le plus vite possible», résumait mercredi Jean-Luc Martin, élu CFE-CGC à la veille d’un comité central d’entreprise de deux jours au cours duquel doit être détaillé le projet de réorganisation.

«Cette restructuration ne vise pas à rendre la mariée plus belle, elle aurait eu lieu indépendamment de ces rumeurs de cession», relativise un spécialiste des télécoms sous couvert d’anonymat. «Cette mutation d’un opérateur «traditionnel» lancé avec plein de centres d’appels et de boutiques vers un opérateur «digital» est inévitable pour se battre aujourd’hui à arme égale avec Free et maintenir une rentabilité qui s’est dégradée dans la nouvelle guerre des prix», explique-t-il.

Tractations tous azimuts

Pour autant,  il ne fait aucun doute aujourd’hui  que la mariée est convoitée. «Il n’y a probablement pas la place sur le marché français pour quatre réseaux de téléphonie mobile indépendants, c'est-à-dire non-mutualisés en terme d’infrastructures», confirme l’expert. Plus que la  fusion de deux opérateurs existants, le scénario d’une alliance lui semble le plus crédible «pour rester compétitif».

Mais en la matière, personne ne cherche la même chose dans le panier de la mariée: pour Bouygues ou Free, SFR représenterait avant tout une opportunité de synergies notamment sur le réseau 4G alors que pour Numéricâble, c’est la complémentarité de l’offre mobile/fixe et particulier/entreprise qui serait visée. Et aucun acteur du marché n’a intérêt à se précipiter au risque de brader son actif. « Il n’y a pas d’urgence », résumait-on mercredi chez Vivendi.