Une affaire Kerviel déjouée au Crédit Agricole en 2007

B. de V.

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Les banques françaises décrochaient mardi matin à la Bourse de Paris perdant 10 à 12% après l'annonce d'un prochain référendum en Grèce qui replonge la zone euro dans l'incertitude.
Les banques françaises décrochaient mardi matin à la Bourse de Paris perdant 10 à 12% après l'annonce d'un prochain référendum en Grèce qui replonge la zone euro dans l'incertitude. — Damien Meyer afp.com

Et un «Kerviel» de plus à voir le jour. Imaginez un instant que la Société Générale ait réagi à temps sur les placements de Jérôme Kerviel pour s’éviter une perte colossale de 4,9 milliards d’euros par la suite médiatisée et portée en symbole des dérives de la finance via le procès du trader fautif.

Seulement 250 millions de pertes

Selon une information de BFM Business, c’est la prouesse qu’a réussi le Crédit Agricole (CA). La banque n’aurait ainsi perdu «que» 250 millions de dollars sur les 40 milliards de positions ouvertes par un trader en 2007 - une somme non confirmée par le CA -, un an avant l’affaire Kerviel et la chute de Lehman Brothers, à l’époque où cela était donc encore possible même si les banques commençaient à réaliser la trop grande liberté de leur trading floor.

Ce trader jouait avec des produits dérivés complexes dont les risques se neutralisaient. Les positions avaient été liquidées en collaboration avec le patron de la BFI (banque de financement et d’investissement) avant que le trader ne soit licencié.

Par comparaison avec Jérôme Kerviel, en janvier 2008, la Société générale découvrait les positions dissimulées à fort effet de levier du trader pour un montant de plus de 50 milliards d'euros. La banque avait alors décidé de déboucler les positions avec une perte record de 6,3 milliards d'euros. La perte finale pour la banque après déduction des gains de Jérôme Kerviel était de 4,9 milliards d'euros. L'affaire avait ensuite été rendue publique.

Si l'information avait été traitée à l'époque de manière assez technique, avant l'éclatement de la crise financière, elle prend une tout autre dimension à ce jour au regard de l'affaire Kerviel et de quatre années de procédure. 

Sans cette réussite et cette confidentialité - avant d'emttre un communiqué sur la seule perte finale -, les pertes totales auraient pu être comparables à celles vécues par la Société Générale ou JPMorgan Chase. Un exemple qui laisse supposer l’existence d’autres cas similaires dans les différentes BFI.