Pourquoi le CAC 40 est au plus haut quand l'économie est au plus bas

BOURSE La France s'enfonce dans la crise et la récession alors que le principal indice à la Bourse de Paris atteint un sommet annuel à plus de 3.600 points. Explications...

B. de V.

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La Bourse de Paris a terminé en forte hausse jeudi et a pris 2,73%, propulsée à la fois par la baisse inattendue des taux de la BCE et le possible abandon du référendum grec sur le sauvetage du pays.
La Bourse de Paris a terminé en forte hausse jeudi et a pris 2,73%, propulsée à la fois par la baisse inattendue des taux de la BCE et le possible abandon du référendum grec sur le sauvetage du pays. — Patrick Kovarik afp.com

Le CAC 40 a de nouveau dépassé les 3.600 points pour la première fois en plus de huit mois. Un nouveau zénith annuel a été inscrit à 13h51 ce lundi à 3.603 points (contre 3.600,5 le 16 mars) mais il a manqué deux petits points -en clôture - pour améliorer les 3.568,8 du 29 novembre et une quinzaine de points pour égaler celui du 16 mars à 3.594. De bonne augure pour la suite. Mais pourquoi une telle assurance à la Bourse de Paris alors que l’économie française navigue toujours dans des eaux troubles?

D’abord parce que l’éclatement de la zone euro n’aura pas lieu. La BCE a convaincu les investisseurs de la stabilité de la monnaie européenne. Voilà ces derniers rassurés, notamment sur le long terme avec la réduction de la dette grecque d’ici à 2020 à 124%, détaillent Les Echos. La Grèce a confirmé en annonçant une opération de 10 milliards d’euros de rachat de sa dette détenue par ses créanciers visant à réduire de 10% le ration dette/PIB.

Une meilleure visibilité pour 2013

Les taux d’intérêt sur les dettes italiennes et espagnoles sont enfin en forte baisse, le plan de recapitalisation du secteur bancaire espagnol et les attentes vis-à-vis du gouvernement français sont autant de bonnes nouvelles en mesure de satisfaire les investisseurs. En outre, la croissance américaine est redevenue stable pour de bon et les républicains devraient trouver un accord au sujet du «mur budgétaire».

En cette fin d’année, la Bourse et les investisseurs ne réagissent donc plus au jour le jour aux mauvaises nouvelles. Preuve de la meilleure visibilité et de la sécurité que les actions représentent de nouveau.

Parmi les moteurs du CAC40 qui tirent les cours vers le haut, Société générale a vu son action bondir de 62,4% depuis janvier  2012, comme un pied de nez à la crise financière. Michelin a pris 55% et Renault 41,2%. En revanche, sous la pression de Free, France Télécom coule de 33% comme Bouygues qui perd 21,6%, tandis qu’EDF abandonne 24% cette année.