La facture de l'EPR de Flamanville flambe à 8,5 milliards d'euros

AFP

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En plein débat sur l'énergie, les opposants au nucléaire ont remis en cause mardi la justification économique du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), dont la facture atteindra finalement 8,5 milliards d'euros selon EDF, soit 5 milliards de plus que prévu.
En plein débat sur l'énergie, les opposants au nucléaire ont remis en cause mardi la justification économique du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), dont la facture atteindra finalement 8,5 milliards d'euros selon EDF, soit 5 milliards de plus que prévu. — Charly Triballeau afp.com

Le coût du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche) n'en finit pas de flamber: EDF a annoncé lundi un surcoût de 2 milliards d'euros portant la facture à 8,5 milliards, de quoi affûter les armes des opposants à l'atome en plein débat sur l'avenir énergétique du pays.

Calendrier d'achèvement inchangé

Dans un communiqué, le groupe a expliqué avoir pris en compte différents facteurs dans cette révision à la hausse, notamment des études destinées à vérifier la robustesse de certaines pièces ou locaux qui n'avaient jusqu'ici jamais été réalisés avant la mise en service du réacteur.

Alors qu'EDF s'attendait à devoir modifier une centaine d'éléments, «on s'est aperçu que c'était près d'un millier» qu'il fallait revoir, «ce qui a une influence considérable sur l'évaluation globale de la charge des contrats», sans modifier le calendrier d'achèvement, a expliqué à des journalistes Hervé Machenaud, directeur de la production et de l'ingéniérie chez EDF.

Un coût de 3,3 milliards estimé en 2005

A cela s'ajoute l'intégration de nouvelles exigences réglementaires, ainsi que des enseignements postérieurs à la catastrophe nucléaire de Fukushima intervenue en mars 2011 au Japon, et des aléas industriels dont le remplacement de consoles, d'énormes pièces métalliques entourant le bâtiment réacteur, que le groupe a du changer après la détection de défauts.

Le coût de cet EPR avait déjà été quasiment doublé l'an dernier, à 6 milliards d'euros contre 3,3 milliards annoncés initialement en 2005. Outre les 2 milliards de surcoûts annoncés ce lundi, la prise en compte de l'inflation porte le total à 8,5 milliards d'euros en valeur actualisée, selon EDF.

Le géant français de l'électricité a en revanche maintenu le calendrier de mise en service de ce réacteur de 3e génération, tablant toujours sur un démarrage de la production en 2016, soit avec 4 ans de retard par rapport au calendrier d'achèvement initial.