Consommation: Un outil pour acheter plus sain, plus durable et plus social

INNOVATION Comment mieux consommer sans dépenser plus? Peut-être en téléchargeant l’application de Noteo, la première agence de notation des produits de grande consommation...

Céline Boff

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Illustration d'une consommatrice en train de faire ses courses.
Illustration d'une consommatrice en train de faire ses courses. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Avis aux consomma(c)teurs. Vous cherchez à consommer plus sain, plus durable ou encore plus social mais vous vous perdez dans le décryptage des étiquettes et/ou des labels? Noteo peut peut-être vous aider. Comment? 20 Minutes fait le point.

Noteo, c’est quoi?

L’équivalent d’une agence de notation, mais pour les produits de grande consommation. Concrètement, Noteo évalue un article selon quatre critères: son prix, son impact sur la santé, son incidence sur l’environnement et la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) fabricante. Ces quatre évaluations donnent à leur tour la note du produit, délivrée sur 10.

Comment ça marche?

Noteo se décline en un site Internet et une application pour Smartphone. Il suffit de scanner le code barre du produit pour connaître sa note. Vous obtenez également le détail des notes dans chaque catégorie –social, environnement, RSE, budget– et les explications.

Pour chaque produit, Noteo propose des articles alternatifs, à prix équivalent. «Nous démontrons ainsi que payer plus cher pour mieux consommer est une idée reçue non fondée», avance Baptiste Marty, président fondateur de Noteo.

Noteo a déjà évalué 45.000 articles du quotidien dans les rayons alimentation, hygiène-beauté, produits d’entretien et des boissons non alcoolisées, et vise les 90.000 références en 2014.

Comment sont notés les produits?

Noteo exploite et analyse en moyenne 400 informations pour noter un produit. Ce qui a nécessité en amont «un immense travail de récupération des données et des informations existantes, auprès des sources certifiées. Nous nous basons sur des normes de réglementation, pas sur la communication des entreprises», insiste Baptiste Marty. Parmi les sources figurent l’Union européenne, OMS, Chemical secretariat, USETox, etc.

Qualité nutritionnelle, additifs, exploitation des ressources, travail des enfants, délocalisation, droit des travailleurs… Tous ces éléments sont passés au crible.

Quant au prix, il est évalué en fonction de la part comestible dans un article alimentaire ou en fonction du nombre de lavages pour un produit d’entretien.

Combien ça coûte?

Pour le consommateur, c’est gratuit. Noteo, qui est une association à but non lucratif, compte financer son modèle en commercialisant des services payants auprès des fabricants et des distributeurs. Il a nécessité un investissement de 2 millions d’euros, financés à deux tiers par le fondateur. Le tiers restant a été amené par Oséo, des collectivités locales, des business angels et des fonds d’investissements responsables. Noteo vise un million d’utilisateurs d’ici à un an.

Et ça sert à quoi?

«Faire ses courses est un acte banal, mais les conséquences sont fortes. Le pouvoir des consommateurs est immense, à condition qu’ils s’en saisissent. Les citoyens ont réellement les moyens d’agir et de faire changer les choses. Et Noteo est un outil qui peut les y aider», estime André Cicolella, président du Réseau environnement santé (RES).

«Ce projet a nécessité cinq ans de travail», explique Baptiste Marty, «nous nous sommes inspirés de l’étiquette énergie. Sa création a été un vrai levier de changement: depuis, 80% des produits ont amélioré leurs performances. Nous espérons susciter la même mécanique».