Les contrats aidés sont-ils efficaces?

EMPLOI Le gouvernement veut faire baisser le chômage le plus vite possible…

Claire Planchard

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Michel Sapin, ministre du Travail, lors de la conférence de presse sur les emplois d'avenir.
Michel Sapin, ministre du Travail, lors de la conférence de presse sur les emplois d'avenir. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Et de 18. En octobre, la France a connu son 18e mois consécutif de hausse du chômage. Une hausse de 1,5% officialisée ce mardi soir par Pôle emploi mais largement anticipée. «Lorsque la machine à créer du chômage est lancée, elle ne s'arrête pas du jour au lendemain», avait averti samedi Michel Sapin. Le ministre du Travail ne prévoit pas de baisse du chômage avant un an. Le temps que les mesures d’urgence adoptées depuis l’été portent leurs fruits. Et en premier lieu, les 80.000 contrats aidés
supplémentaires annoncés pour le second semestre 2012 et les 100.000 emplois d’avenir, destinés aux jeunes sans qualification.

Un effet tremplin dans les entreprises

Un traitement social de l’emploi, centré sur le secteur non marchand (collectivités locales ou associations) est «de nature à absorber une partie de la hausse du chômage à court terme quand le secteur marchand détruit des emplois», mais sans doute pas à «inverser la tendance», souligne toutefois Mathieu Plane, spécialiste de l’évaluation des politiques publiques à l’OFCE.

Selon une récente étude de la Dares, les personnes passées par un contrat aidé dans le secteur non marchand entre 2005 et 2007 sont moins souvent en emploi à l’issue de ce contrat que celles (très minoritaires) passées par un contrat aidé en entreprise. Une différence «en lien avec un parcours antérieur souvent plus heurté et plus éloigné de l’emploi», note la Dares. Mais pas seulement.

Lutter contre les effets d’aubaine

Pourquoi alors ne pas davantage viser les entreprises? «Si par un effet tremplin, elles permettent de mieux s’insérer professionnellement ensuite, elles sont moins intéressantes en termes de créations d’emploi car il y a un effet d’aubaine ou de substitution beaucoup plus fort que dans le secteur non marchand», note Mathieu Plane. En clair, elles profitent en grande partie des allègements de charges pour une embauche déjà prévue ou au détriment d'une autre catégorie de salariés.

Par ailleurs, contrats aidés et emplois d’avenir n’ont ni le même public, ni le même calendrier. «Alors que les contrats aidés sont des emplois courts qui jouent comme un outil de régulation conjoncturelle sur le marché du travail, l’emploi d’avenir de 1 à 3 ans donne un métier mais aussi une qualification à des jeunes éloignés de l’emploi, quel que soit le cycle économique, c’est donc une réponse plus structurelle», note l’économiste. Quant aux  futurs contrats de génération annoncés début 2013, visant à lier l’embauche d’un jeune au maintien d’un senior, ils s’adressent davantage au secteur privé. Un «calibrage» millimétré qui doit maintenant prouver son efficacité.