Le Parlement portugais adopte définitivement le budget 2013

Reuters

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Le parlement portugais a définitivement adopté mardi le projet de budget 2013 qui prévoit des hausses d'impôts sans précédent depuis quatre décennies.

Le budget bâti par le gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho est fondé sur une hypothèse de contraction de 1% du PIB portugais l'année prochaine, soit une troisième année de récession après une contraction de l'ordre de 3% cette année - et encore cette estimation du gouvernement pour 2013 est-elle jugée trop optimiste par la plupart des économistes.

Il vise cependant à ramener le déficit budgétaire de 5% du PIB cette année à 4,5% l'année prochaine pour respecter les conditions du plan de sauvetage financier à hauteur de 78 milliards d'euros accordé au Portugal par ses partenaires européens et le FMI.

Hausses des recettes, coupes des dépenses

Côté recettes, le gouvernement entend accroître les ressources publiques en réduisant notamment de huit à cinq le nombre de tranches d'imposition, le seuil d'imposition maximale étant ramené de 153.000 à 80.000 euros annuels. Le taux d'imposition minimal va passer de 11,5 à 14,5% et le taux pour la tranche supérieure des revenus de 46,5 à 48%. Les revenus de placements financiers seront imposés eux à 28% contre 25%.

Au chapitre des dépenses, le nombre de fonctionnaires sera réduit de 2%, soit 10.000 postes environ, et les pensions de retraite gelées. Les allocations chômage vont baisser de 6% et la rémunération des arrêts maladies de 5%.
Dans le même temps, l'assiette de l'impôt de solidarité de 2,5%, créé en 2012 pour les revenus supérieurs, est élargie et concernera désormais les revenus au-delà du seuil de 80.000 euros.

Le budget a été voté par les députés du Parti social-démocrate (PSD, droite) de Coelho et leurs alliés du CDS-Parti populaire. Les socialistes, principale formation de l'opposition qui menace de saisir le Conseil constitutionnel, ont voté contre.
Quelques milliers de manifestants s'étaient rassemblés mardi matin devant le parlement pour dénoncer la loi de finances.