Chauffage: Les ménages au gaz et au fioul paient pour ceux qui sont à l'électrique

ENERGIE Les coûts liés au chauffage électrique, notamment en termes de production et de transport, ne sont pas répercutés sur la facture de leurs usagers, mais sur celle de l'ensemble des consommateurs, dénonce l’UFC-Que Choisir...

Céline Boff

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Ilustration de  chauffage.
Ilustration de  chauffage. — VALINCO/SIPA

Vous vous chauffez au gaz ou au fioul? Et bien sachez qu’en plus de payer votre propre consommation, vous participez également à celle des ménages qui ont opté pour le chauffage électrique. C’est ce que prouve une enquête tout juste dévoilée par l’UFC-Que Choisir.

«C’est une aberration économique: les 19,8 millions de foyers qui n’ont pas de chauffage électrique paient leur abonnement d’électricité deux fois plus cher que les autres, si on le ramène au mégawattheure consommé», explique Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie-environnement.

Un abonnement… deux fois plus coûteux

Concrètement, un ménage standard qui dispose d’un chauffage électrique a besoin d’un contrat à 9 kVa (kilo-volt-ampère), quand le même ménage qui se chauffe au gaz ou au fioul n’a besoin que d’un contrat à 6 kVa. Du coup, pour 1 MWh consommé, le premier ménage payera 21,68 euros, quand le second déboursera… 46,03 euros!

Car «les coûts liés au chauffage électrique, notamment en termes de production et de transport, ne sont pas répercutés sur la facture de leurs usagers, mais sur celle de l’ensemble des consommateurs», dénonce l’UFC-Que Choisir. Mais cette situation ne va pas durer. Avec la loi Nome (Nouvelle organisation des marchés de l’électricité) imposée par Bruxelles, les usagers vont devoir payer en fonction de leur usage réel.

Les factures vont bientôt s’enflammer

L’impact sera loin d’être neutre: les 8,2 millions de foyers français qui sont au chauffage électrique vont devoir régler des factures de 12% supérieures à celles des autres ménages… Et ce, sans tenir compte de l’évolution du coût de l’électricité. Rappelons que selon un rapport du Sénat présenté cet été, la facture d’électricité devrait bondir de 50% d’ici à 2020.

«Pardonnez-moi l’expression, mais les consommateurs vont douiller!», réagit Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir. Pour l’association, il est urgent que le gouvernement fasse quelque chose, dans la mesure où les ménages ayant opté pour le chauffage électrique l’ont fait en raison d’une incitation politique. D’après elle, un audit énergétique du parc de logements existants doit être réalisé au plus vite. Ce qui permettrait «de faire un état des lieux et de mieux guider l’action des pouvoirs publics».

L’UFC-Que Choisir propose également quelques pistes. Comme l’instauration d’un bonus-malus sur la rénovation énergétique ou encore l’exonération de tout ou partie de la taxe foncière pendant un certain laps de temps pour les propriétaires qui auraient engagé des travaux de rénovation énergétique.