Immobilier: Les acquéreurs attendent encore

SONDAGE Logic-Immo et TNS-Sofres ont publié ce mardi leur nouvel indice de confiance trimestriel. «20 Minutes» était à la conférence organisée à Paris...

Bertrand de Volontat

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S.ORTOLA / 20 MINUTES

Attentisme. Le mot est lâché par les professionnels de Logic-Immo. Les acquéreurs de l’Hexagone sont moins pessimistes qu’au printemps dernier mais l’optimisme n’est pas encore de sortie. Ils attendent la baisse des prix tant promise et espérée. L’indice de confiance des futurs acquéreurs Logic-Immo/TNS-Sofres progresse ainsi à peine en octobre mais reste nettement négatif à -11,1 points, quasi-stable depuis le début de l’année.

Signe de cette embellie très limitée, seule une personne sur deux ayant l’intention d’acheter dans les 12 prochains mois (51%) estimait en octobre que le moment était favorable à un achat. Le chiffre était de 38% il y a un an, preuve que l’optimisme côté acquéreur est sur le retour et que «le rapport de force commence à s’inverser avec les vendeurs», estime Stéphanie Pecault, responsable des études marketing Logic-Immo. Ils restent toutefois, en octobre, 2,5 millions d’acheteurs pour 2 millions de vendeurs, témoins d’un marché souffrant encore d’une pénurie d’offres.

La baisse des taux d’intérêt ne suffit pas

Principal facteur de ce scepticisme: la double impression de voir son pouvoir d’achat se dégrader alors même que les banques prêtent moins facilement. En effet, 56% estiment que les crédits immobiliers sont difficiles à obtenir contre 9% qui considèrent l’accès facile.

En parallèle, les taux d’intérêt, qui avoisinent leurs niveaux plancher d’il y a deux ans, redeviennent attractifs auprès de 58% des sondés, alors qu’ils n’étaient que 24% en janvier 2012. 

Selon ce nouvel indice, seuls 16% des sondés estiment aujourd’hui que leur situation financière personnelle s’est améliorée au cours des six derniers mois et 72% estiment que le niveau de vie du pays va se dégrader. «Cela pèse dans l’investissement», poursuit la responsable.

L’attente éternelle d’une baisse des prix

La conjoncture économique hésitante et le retour de l’incertitude post-électorale n’arrangent rien à cet immobilisme prudent. «Ce qui pèse le plus sur l’achat, c’est le contexte économique et le futur incertain», affirme-t-elle.

Les futurs acquéreurs - 51% contre 11% en janvier 2011 - sont toujours plus nombreux à attendre une baisse des prix dans les six prochains mois. «La perception des prix s’est inversée en deux ans», ajoute Stéphanie Pecault.

Avec 37% d’entre eux qui voient les prix rester stables, les futurs acquéreurs sont moins pressés et négocient beaucoup plus qu’avant. Le marché pourrait se débloquer mais les professionnels ne s’avancent pas sur une date précise. Ils mettent aussi en garde contre les réalités locales et la dualité du marché immobilier français (Ile-de-France et Paca d’un côté et le reste du pays de l’autre).