Violations du droit du travail en Chine: Samsung est accusé de fermer les yeux

Avec Reuters

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Samsung Electronics se retrouve à nouveau sous le feu de critiques de certaines associations en raison de pratiques contraires au droit de travail de nombre de fournisseurs chinois du géant de l'électronique sud-coréen. Celui-ci fait partie d'une longue liste de grands groupes internationaux accusés ces dernières années de produire à bas coûts sur le dos de salariés chinois mal traités.

China Labor Watch (CLW) a ainsi déclaré mardi que des salariés d'un des fournisseurs de Samsung devaient parfois travailler jusqu'à 16 heures par jour, ne bénéficiant en outre que d'un seul jour de repos par mois. Samsung, premier fabricant mondial de téléphones portables et de téléviseurs, a dit lundi qu'un passage en revue de 105 de ses fournisseurs chinois - représentant un total de plus de 65.000 employés - avait effectivement mis en lumière des pratiques illégales.

Le groupe a ajouté qu'il avait donné deux ans à ces fournisseurs pour se mettre en conformité avec le droit du travail. Samsung avait commandé cet audit après que CLW avait affirmé en août que sept enfants de moins de 16 ans travaillaient dans les usines de l'un des fournisseurs du groupe.

Un système d'amendes pour les retards ou les absences

L'entreprise sud-coréenne a souligné que l'audit n'avait trouvé aucun preuve d'un travail des enfants. Mais elle a ajouté que l'enquête avait relevé des pratiques inadéquates, telles des heures supplémentaires dépassant le cadre réglementaire et l'existence d'un système d'amendes pour les retards ou les absences.

«Nous avons fait de la nécessité de réduire les heures supplémentaires une priorité et nous sommes en train d'élaborer des mesures qui élimineront les heures dépassant les limites réglementaires d'ici la fin de 2014», déclare Samsung dans un communiqué.

China Labor Watch reproche à Samsung d'avoir recours à des audits pour faire le point sur les conditions de travail de ses fournisseurs, estimant que ce type d'enquêtes est connu pour son «manque de fiabilité». «Au lieu d'audits, Samsung devrait établir des canaux de communication directe avec ses salariés, comme des comités d'entreprise (...)», ajoute CLW dans un communiqué.

Apple avait aussi mis en cause

Samsung a réagi ce mardi aux réserves de CLW en disant que des numéros d'urgence étaient mis en place auprès des fournisseurs pour que des salariés puissent signaler sous le sceau de l'anonymat des traitements inhumains ou des violations du droit du travail. Le groupe a également dit que, à partir de 2013, les audits de ses 249 fournisseurs chinois allaient être menés par une entité indépendante.

Au début du printemps, Apple, principal concurrent de Samsung dans les smartphones, avait annoncé qu'il allait travailler avec son principal sous-traitant, le chinois Foxconn, pour améliorer les conditions de travail et les salaires dans les usines du pays qui fabriquent ses produits. Cette décision avait été la réponse à l'une des plus importantes enquêtes jamais menées sur les activités d'une société américaine hors des Etats-Unis.

Apple avait accepté l'enquête, effectuée par la Fair Labor Association, après, comme Samsung, avoir été accusé de fermer les yeux sur de nombreuses violations du droit du travail.