Moscovici ironise sur le Palmarès du FT et la presse anglo-saxonne

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Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici a ironisé jeudi soir sur la presse anglo-saxonne qui "aime la France" mais peut-être pas "la gauche", en réponse à son mauvais classement dans le Palmarès des ministres des Finances du Financial Times.
Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici a ironisé jeudi soir sur la presse anglo-saxonne qui "aime la France" mais peut-être pas "la gauche", en réponse à son mauvais classement dans le Palmarès des ministres des Finances du Financial Times. — Patrick Kovarik afp.com

Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici a ironisé jeudi soir sur la presse anglo-saxonne qui "aime la France" mais peut-être pas "la gauche", en réponse à son mauvais classement dans le Palmarès des ministres des Finances du Financial Times.

"La presse anglo-saxonne aime la France", a-t-il lancé, déclenchant les rires des étudiants de l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) à qui il était venu expliquer la politique économique du gouvernement.

"Je ne sais pas si elle aime la gauche", a-t-il ajouté, "j'ai même l'impression qu'elle parle de nous comme de gens qui ont une baguette sous le bras ou un couteau entre les dents".

"Ce matin, le Financial Times vient de me classer comme un très mauvais ministre des Finances: ça m'a inquiété, alors j'ai regardé le profil", a-t-il plaisanté.

Pierre Moscovici n'arrive que 16e dans le classement annuel des grands argentiers des 19 plus grands pays européens, publié jeudi par le quotidien des affaires et dominé cette année par l'Allemand Wolfgang Schäuble.

Seuls les ministres grec, hongrois et espagnol arrivent derrière le Français dans ce palmarès, établi par sept économistes européens sur la base de la "capacité politique", des "performances économiques" et de la "crédibilité sur les marchés".

"On m'a reproché d'avoir un langage excessivement agressif à l'égard des milieux d'affaires (...), d'être politiquement populiste et enfin de ne pas faire les réformes de libéralisation que notre économie attendait", a-t-il poursuivi.

"En effet, je me suis dit qu'il fallait qu'on explique à ceux qui voyait en moi un social-libéral quelle était la réalité de l'affaire: je suis un dangereux gauchiste!", a ironisé le ministre socialiste.

"Nous serions des anti-libéraux, des anti-capitaux, des anti-modernes, des archaïques", a-t-il poursuivi.

"Moi je veux répondre très calmement que ma famille de pensée, ce n'est pas le capitalisme prédateur (...), ce capitalisme qui a rompu toutes les digues des Trente glorieuses, la dérégulation, le capitalisme d'actionnaires", a-t-il décrit.

"Je préfère celui de capitaine d'industrie. Je n'aime pas, c'est vrai, l'automatisation de la finance, je ne suis pas amoureux du trading à haute fréquence (...). Ca doit être ça le populisme", s'est-il moqué.

"Le vrai libéralisme ce n'est pas l'ultralibéralisme et celui-là, oui, je l'accepte", a-t-il ajouté.